Francis Bacon, un des grands maitres de l'art contemporain est né le 28 octobre 1909 à
Dublin. Artiste dont les oeuvres restent marquantes, uniques en leur genres, Francis Bacon a su apporter un style nouveau à la peinture à travers ses oeuvres largement distorsionnées. Francis Bacon qui souffre d'
asthme depuis son enfance n'a jamais pu suivre une scolarité traditionnelle et est éduqué par un précepteur. A seize ans, il abandonne sa famille et se rend à Londres où il effectue plusieurs emplois.
En 1928, il se rend à
Berlin puis à
Paris où il visite l'exposition
Picasso à la Galerie Paul Rosenberg ; totalement impressionné, Francis Bacon décide de commencer à réaliser des dessins et des aquarelles. De retour à
Londres en 1929, il expose dans son atelier de Queensburry Mews, des meubles et des tapisseries exécutés d'après des maquettes. Il commence à peindre à l'huile en autodidacte. Progressivement, il abandonne son travail de décorateur pour la peinture. Ce que Francis Bacon montre dans la plupart de ses tableaux, à quelque phase de son évolution qu'ils appartiennent, ce sont des figurations de personnages vivants ou de choses généralement banales dotées, au moins en apparence, d'une certaine véracité d'images en référence directe avec des expériences vécues par le canal des sens ou, plus largement, par celui de la sensibilité mais dont il est manifeste que, loin d'être des reflets du monde ambiant comme ceux que nous offre la photographie, elles résultent d'un emploi tout à fait libre des moyens artisanaux de la peinture, semblants dont pourtant, la nature de fictions peintes tend à se faire oublier et qui existent plus fortement que comme des simples représentations.
En d'autres termes, on pourrait dire que chez Francis Bacon le but essentiel est moins d'exécuter un tableau qui sera l'objet digne d'être regardé que de s'affirmer quelques réalités sur la toile prise pour théâtre d'opérations. C'est en cela que Francis Bacon se différencie non seulement des surréalistes mais aussi des impressionnistes.
L'espace où nous respirons, ici même, le temps dans lequel, maintenant nous vivons, c'est que à peu d'exceptions près l'on trouve dans les toiles de Francis Bacon, toiles qui semblent viser à exprimer immédiatement quelque chose d'immédiat et dont il ne suffira pas de dire que très généralement, elles sont exemptes d'exotisme et de tout archaïsme. Bien que tant par sa facture que par son iconographie la peinture de Francis Bacon soit dépourvue d'austérité, l'on peut à son propos parler de dépouillement, indiquant par là à quel point elle fait fi des symboles comme tout ce qui renverrait soit à des réminiscences folkloriques, soit à des prestiges étrangers à nos habituels entours. Dépouillement qui au fond, s'accorde avec celui du jeu. De même que l'art comme le conçoit Francis Bacon, un art démystifié, purgé qu'il est de tout halo religieux comme de toute dimension morale. Chez Francis Bacon, la toile a donc des parties bouillantes où règne une effervescence, en opposition avec ses parties neutres où il ne se passe rien.
Quant à ces oeuvres, leur intensité extrême parait résulter d'une conjugaison paradoxale de deux voies : la distorsion plus ou moins poussée des figures coexiste avec un traitement passablement naturaliste des entours.
Enfin, bien que le thème d'une toile de Francis Bacon ne soit pas de l'ordre de l'anecdote ou que du moins, le pouvoir de cette surface peinte ne repose pas essentiellement sur l'évènement vrai ou supposé qu'elle évoque, l'on peut dire qu'une toile de ce genre est avant tout un lieu où il se passe quelque chose, où quelque chose se produit, arrive, en une sorte de « happening » qui n'est que le surgissement de cette présence à quoi, semble-t-il chacune des oeuvres en question resterait nulle et non avenue.