Né le 13 août 1926, Fidel Castro est le fils illégitime d'un riche propriétaire terrien. A 5 ans il est envoyé à Santiago de Cuba et ne sera reconnu officiellement par son père qu'en 1943. Après des études chez les
jésuites, Castro entre à l'université de
La Havane où il étudie le droit. C'est à cette époque qu'il va faire connaissance avec les mouvements de gauche révolutionnaire, cependant il n'adhérera pas immédiatement à ces mouvements et préferera s'en tenir aux moyens d'expression politique classiques. Ainsi en 1950 il se présente au Parlement pour le « Parti orthodoxe ». Mais le coup d'État du général Fulgencio Batista annule ces élections. Castro s'improvise alors résistant et organise l'attaque de la caserne de Moncada le 26 juillet 1953, Opération qui tourne au désastre : les guerilleros essuient de lourdes pertes, Castro est arrêté et envoyé en prison. Il n'y restera cependant que deux ans et sera libéré lors d'une vague d'amnistie en mai 1955. Il gagne alors le
Mexique puis aux
États-Unis d'où il réorganise un mouvement de résistance à Batista : le Mouvement du 26 juillet.
En décembre 1956, il tente de rentrer clandestinement à
Cuba afin d'organiser un mouvement de résistance intérieur à l'ile. C'est l'expédition du Granma ( du nom du bateau qui assura le transport jusqu'à Cuba ). A peine débarqués ils sont pris sous le feu de l'armée de Batista qui les attendaient, seuls 12 guerilleros sur les 82 débarqués en réchapperont. Les survivants, parmi lesquels Castro et
Ernesto Che Guevara gagnent la Sierra Maestra d'où ils entreprenent de mener une guérilla contre l'armée de Batista.
Ils parviennent alors à fédérer autour d'eux les populations pauvres de l'ile qui souffrent de la misère et désireraient un partage équitable des richesses. Fort d'une popularité qui lui faisait alors défaut, le mouvement regroupe bientôt 800 hommes et reçoit de l'aide sous forme d'argent et d'armes, des Etats-Unis. Parallèlement le Gouvernement des États-Unis, gêné par la brutalité du régime de Batista, lui retire l'aide militaire qu'il lui apportait. En 1958 Batista lance de grandes offensives contre les « barbudos » de Castro, mais sans parvenir à obtenir de succès significatif. Par contre, au cours de la contre-offensive de l'automne 1958, les forces révolutionnaires prennent Santiago de Cuba et devant la menace croissante Batista finit par fuir le 8 janvier 1959 Castro prend la Havanne. A cette époque Castro est très populaire, il passe pour un démocrate qui veut mettre fin à la corruption et aux inégalités flagrantes de la société cubaine. Rapidement il va cependnat s'aliéner le soutien des Etats-Unis par ses velléités de nationalisation des entreprises qui appartiennent en très large partie aux Américains.
Castro en arrive ainsi très vite à devoir faire un choix entre la poursuite de ses réformes qui est synomyme de rupture d'avec les Etats-Unis et le statu quo. Il choisira de continuer ses réformes ce qui l'amènera à se rapprocher de l'Urss, seule puissance capable de le protéger des tentatives de déstabilisation des Etats-Unis. Ce n'est qu'en 1960 qu'il franchit le pas décisif. En février de cette année Castro signe un accord avec l'URSS pour approvisionner l'ile en
pétrole suite au refus des raffineries américaines de lui en fournir.
Les États-Unis suspendent peu après les relations diplomatiques avec l'île et en réaction Cuba resserre progressivement les liens avec l'Union Soviétique. Pour renverser le régime castristre les Etats-Unis, qui désire éviter d'intervenir directement, soutiennent les exilés cubains qui préparent un débarquement à Cuba. Le débarquement de 1 400 exilés cubains financés et entraînés par la
CIA a lieu sur la côte sud de Cuba, dans « la
Baie des Cochons ». La CIA pense que le débarquement va provoquer un soulèvement populaire contre Castro et que la population rejoindra les forces anticastristres. Or, il n'en est rien, les hommes débarquées sont tués ou capturées et deux navires de la marine américaine, venus en support, sont coulés par l'aviation cubaine. Castro, présent personnellement sur le champ de bataille, parvient alors à l'apogée de sa popularité, alors que les Américains ne parviennent pas à fragiliser son régime. La même année, Castro se définit clairement comme un marxiste léniniste et Cuba entre officiellement dans le bloc communiste. Pour assurer la protection de l'ile, l'Urss envoya plusieurs milliers de soldats russes sur place et surtout commença à installer des missiles nucléaires sur l'ile, ce qui déclencha une des crises majeures du XXème siècle lorsque les Etats-Unis l'apprirent. Dans un contexte international tendu Khrouchtchev accepta finalement de retirer les lance-missiles en échange d'une promesse américaine de ne pas envahir Cuba et de retirer leurs missiles de
Turquie. À la suite de cet évènement, les États-Unis ne tentèrent plus d'invasion de Cuba. Rapidement, Cuba soutint des mouvements de guérillas communistes du tiers monde, mais à partir de 1975, l'armée cubaine intervint de façon directe dans des conflits, notamment en Afrique en
Angola, en Ethiopie et au
Mozambique. Dans les années 1980, plusieurs milliers de conseillers militaires cubains furent envoyés au Nicaragua pour soutenir le gouvernement sandiniste. A partir de 1985, alors que l'Urss évolue vers un régime plus « libéral », Castro prend ouvertement parti contre l'évolution des pays « socialistes » vers l'économie de marché et la démocratie libérale. Suite à l'effondrement de l'Union soviétique et l'arrêt des aides en provenance de
Moscou, Cuba plonge dans une crise économique profonde, aggravée par le vieillissement des dirigeants et la sclérose du régime. Malgré quelque coup d'éclat du vieux dictateur, les années 2000 sont marquées par les inquiétudes liées à son état de santé, sa mort ouvrant des perspectives d'évolution sans précédent depuis les années 1950.