Mohamed Saïd Fellag est à la fois un humoriste, un comédien et un écrivain algérien. Il est né en 1950 en Kabylie, plus précisément à Azzefoun. A l'âge de 18 ans, il entre à l'Institut National d'Art dramatique d'
Alger et y passe quatre années. Par la suite, il se produira dans plusieurs théâtres en Algérie. En 1978, il décide de quitter l'Algérie pour le
Canada et ensuite pour la France. Il restera pendant trois ans à
Paris. Son grand retour pour l'Algérie, il l'a effectué en 1985.
Et dès son arrivée, il sera engagé par Eduardo De Filippo pour jouer le rôle principal dans «L'Art de la comédie». Les projets se sont succédé rapidement par la suite. Il jouera pour Ray Bradbury en 1986 dans «Le Costume blanc couleur glace à la noix de coco». Il créera à partir de 1987 ses premiers one-man-shows dont un qui est intitulé «Les Aventures de Tchop». En 1994, une bombe explosa durant son spectacle. Ce qui le poussa de nouveau à s'exiler, en Tunisie puis en
France. Là-bas il créera trois spectacles. D'abord, «Un bateau pour l'
Australie» pour lequel il a obtenu le Prix de l'Humour noir. Ensuite, «Djurdjurassique Bled» qui lui a valut le Prix de la révélation théâtrale de l'année, attribué en 1998 par Le Syndicat Professionnel de la Critique. Enfin «Le Dernier chameau» en 2004, duquel a été tiré un DVD. Il a reçu encore d'autres prix comme le Prix
Raymond Devos pour la langue française, décerné par le Ministère de la culture et de la communication en 2003, ainsi que le Prix de la Francophonie offert par la SACD. Fellag a également tourné dans plusieurs films.
On peut citer «De Hollywood à Tamanrasset», où il a joué sous la direction de Mahmoud Zemmouri et interprétant le rôle de Green Eagle. Ou encore «L'Ennemi intime», réalisé par Florent Emilio Siri et sorti en 2007, où il joue le rôle d'un prisonnier du nom d'Idir Danoun. A part ses métiers d'humoriste et de comédien, il a également publié plusieurs ouvrages dont deux romans. Le premier, intitulé «Rue des petites daurades» a été qualifié par certains critiques littéraires, de drôle et de poétique. Il y raconte l'histoire de gens qu'il a croisés dans les bistrots parisiens.
Le deuxième, «l'Allumeur de rêves berbères» raconte l'histoire d'un journaliste du nom de Zakaria. Il observera et notera par écrit du haut de son balcon, les faits et gestes de ses voisins. Fellag est une véritable star en
Algérie. On cite souvent les phrases les plus inoubliables de ses sketches dans la conversation de tous les jours. Dans ses spectacles il n'hésite pas à aborder, parfois de façon très crue les problèmes de son pays, notamment le rapport entre l'homme et la femme. L'Algérie étant un pays
musulman, les femmes ont le plus souvent un rôle secondaire dans la société. Pendant l'un de ses spectacles qu'ont assisté des militaires et le président algérien, il a demandé pardon aux femmes. Puis il a repris en disant que maintenant elles pouvaient s'habiller comme bon leur sembleront et qu'elles pouvaient même ne pas s'habiller du tout. On devinera aisément les réactions du président et des militaires présents dans la salle. Dans un autre sketch, il raconte l'histoire d'un garçon qui tombe amoureux d'une fille. Pendant des mois il la suit sans jamais lui adresser la parole. Mais un jour, il la voit dans la rue en train de faire la bise à un garçon.
Furieux, il se précipite vers elle et lui hurle que désormais, c'est fini entre eux. Cette manière d'aborder les problèmes explique probablement le fait que son public est en grande majorité féminin. Mais cela expliquerait également l'attentat perpétré par les islamistes durant un de ses spectacles, comme nous l'avons déjà évoqué plus haut. La bombe a été placée dans les toilettes réservées aux femmes et dans lesquelles les jeunes filles fumaient en cachette. Fellag abordera aussi d'autres sujets mais toujours liés aux problèmes de la société algérienne et toujours avec une pointe d'humour.
Il parlera notamment de la pauvreté, du chômage et de l'armée. On se souvient par exemple de sa blague comme quoi dans le monde, quand un pays touche le fond il va finir par remonter, mais qu'en Algérie, on continue à creuser. Son dernier spectacle, «Tous les Algériens sont des mécaniciens», Fellag l'a joué à Paris au Théâtre du Rond-Point pendant presque un mois au début de l'année 2009. On peut vraiment dire que Mohamed Saïd Fellag est l'un des artistes les plus talentueux de sa génération. Et il aura certainement encore un bel avenir devant lui.
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