La mode est actuellement au bio. On entend résonner ce mot à longueur de journée, à gauche comme à droite. Non content d'être prôné dans l'alimentation, le bio est désormais présent dans presque toutes les facettes de nos vies. On le retrouve dans plusieurs produits que l'on rencontre au quotidien et récemment dans les carburants. Le biocarburant constitue semble-t-il une filière à la fois rentable et écologique que tous les pays du monde devrait exploiter. En guise de rappel, l'éthanol est un alcool incolore, inflammable et combinable à l'eau sous toutes les proportions désirées. Il est présent dans toutes les boissons alcoolisées que l'on rencontre sur les étagères des bars. Dans la pratique, on se sert du terme éthanol pour désigner l'éthanol pur non dilué et du terme alcool pour désigner l'éthanol délayé à l'eau. Il peut être divisé en deux grands groupes, selon son mode de fabrication. On cite l'éthanol produit en industrie et le bioéthanol fabriqué à partir de la biomasse. Pour ce faire, on procède par traitement des céréales ou des plantes productrices de sucre comme la betterave ou encore la canne à sucre. La production d'éthanol par fermentation des plantes sucrières remonte déjà à plusieurs millénaires avant notre ère.
Pour preuve, l'archéologie atteste que la consommation de vin ou de
bière existait déjà du temps de l'empire babylonien. La fabrication d'éthanol à partir de la biomasse passe par trois étapes principaux. En premier lieu, lorsque l'on traite une céréale, on procède au préalable à une extraction de glucose et à une hydrolyse de la plante si besoin est. À l'inverse de la betterave ou de la canne à sucre, une céréale nécessite une hydrolyse de l'
amidon pour produire du sucre. Ensuite, cette glucose doit être portée à la fermentation durant plusieurs semaines.
A l'issue de cette fermentation, un éthanol très dilué est produit. Par la suite, il doit être distillé afin d'en extraire l'éthanol pur. La méthode la plus fréquemment utilisée reste la distillation par ébullition. Par extension, on trouve à l'heure actuelle du bioéthanol produit à partir de déchets végétaux. Il peut aussi être produit en usine et via un procédé d'hydratation catalytique de l'éthylène, d'où son appellation «alcool éthylique». Des catalyseurs acides comme l'acide phosphorique ou encore l'acide silicotungstique sont généralement utilisés à cet effet. Sur ce procédé, il est nécessaire de passer par plusieurs séries de distillation. Une fois produit, l'éthanol est destiné à plusieurs perspectives d'utilisation, dont le chauffage domestique, la fabrication de boisson alcoolisées, l'utilisation en industrie chimique ou encore en tant que solvant et désinfectant. Il peut même être utilisé dans le milieu médical où des facultés réparatrices pour les tumeurs lui sont reconnus. Mais son utilisation la plus courante reste sans conteste l'utilisation en tant que biocarburant. Les statistiques relatent près de 40 millions de tonnes d'éthanol qui sont produites par an.
Ce biocarburant aide entre autres à redresser l'économie du pays et à conserver l'environnement car il diminue à la fois l'importation de
pétrole et l'émission de gaz polluants. Il peut être utilisé, soit seul sous sa forme brute et pure, soit en complément au pétrole ou à l'essence. De nombreux pays considèrent déjà l'incorporation progressive d'éthanol dans l'essence comme étant une solution aux problèmes de pollution et de finance. L'état précurseur de ce mouvement est le Brésil, grâce à sa politique Proálcool de 1975.
Cette stratégie vise à diminuer la consommation de pétrole du pays et à s'ouvrir sur de nouvelles perspectives de l'exploitation de canne à sucre. Par la suite, les pays comme les
États-Unis ou encore la
France intègre ce nouveau secteur au sein des plans d'actions à suivre. Pour information, l'idée d'utiliser de l'éthanol pour en faire un carburant alternatif pour les voitures nous vient du constructeur Henri Ford. Il faut espérer que l'éthanol puisse un jour remplacer à tout jamais l'essence et éradiquer nos soucis de pollution et d'argent. Mais certaines personnes voient d'un mauvais oeil l'exploitation de l'éthanol qui peut, selon elles, amener à une hausse du prix de la terre cultivable ainsi que de celui de plusieurs denrées alimentaires comme le maïs, le sucre ou encore la viande et le blé. Certaines critiques en viennent même à affirmer que l'exploitation de l'éthanol pourrait amener à une famine éventuelle et à une importation des aliments essentiels.