La présence d'eau dans les poumons est connue sous l'appellation d'épanchement liquidien de la plèvre ou encore épanchement pleural. Le liquide étranger occupe une zone plus ou moins importante de la cavité pleurale et s'accumule sans possibilité d'évacuation. Définir de manière précise les causes de l'épanchement pleural est très important. Les origines de la pathologie permettant généralement de choisir le traitement le plus adéquat. Les causes peuvent revêtir différentes formes, dont les raisons infectieuses ou les origines néoplasiques. Les cavités pleurales contiennent naturellement une certaine quantité d'eau qui ne dépasse pas les 2 ml. L'eau se trouve généralement instillée entre les feuillets de la plèvre afin de faciliter le mouvement de friction naturel entraîné par la respiration. Cette fonction naturelle du liquide pleural est cependant modifiée suivant deux cas de figures. Un état d'inflammation d'origine pathologique peut engendrer la vasodilatation ainsi que l'augmentation de la membrane formant la plèvre. L'on parle alors d'un épanchement pleural exsudatif. Cette modification de l'équilibre naturel de la cavité pleurale est également caractérisée par la sécrétion à l'excès de protéines.
Le cas contraire peut aussi se produire. Les médecins parlent alors d'épanchement pleural transsudatif. Ce problème peut se produire dans les cas d'insuffisance au niveau de la pression hydrostatique du ventricule gauche. Une même faiblesse localisée au niveau des vaisseaux symétriques entraîne l'épanchement pleural transsudatif. La veine azygos ainsi que la veine cave supérieure sont obstruées de manière plus ou moins complète. Ce type de pleurésie peut aussi être le résultat d'une
cirrhose, d'une hypoalbuminémie ou manque du taux d'albumine.
Les symptômes les plus courants de la présence d'eau dans les poumons sont relativement faciles à identifier. Une douleur localisée au niveau des poumons avec une nette augmentation lorsque le patient tousse est le premier indice. Cette douleur accompagne une toux sèche et les inspirations, même les plus infimes. Chez de nombreux malades, il a été noté qu'en grandissant, la douleur irradiait vers l'épaule. La toux est quinteuse avec des difficultés respiratoires de plus en plus importantes. Cette dyspnée est ressentie même sans effort physique notable du patient. Le médecin note entre autres que les tests de percussion donnent des sons mâts, quelle que soit la position du patient. À l'aide d'un stéthoscope, le médecin traitant décèle également un semblant de frottement pleural dans les inspirations et les expirations. Les analyses biologiques sont souvent les plus efficaces pour déceler un épanchement pleural. La radiographie des poumons est le premier examen demandé. Le liquide présent dans la cavité pleurale est facilement remarqué par des zones plus ou moins importantes très opaques sur les radios. La masse opaque est homogène et semble se diriger vers le haut de la poitrine.
La quantité de liquide peut varier, allant de 1 à 3 litres selon l'étendue de l'opacité. Aux observations, le radiologue remarque également une diminution de la coupole diaphragmatique. Si la radiologie n'apporte pas d'images satisfaisantes, le médecin peut demander une
échographie à titre complémentaire. Plus claires que les radiographies, les échographies donnent en effet des aperçus plus précis et permettront de mieux guider les séances de ponction qui suivront éventuellement. Ces deux procédés font cependant place à un système de localisation plus moderne, le scanner.
Le diaphragme ainsi que les canaux de la cavité pleurale inaccessibles par la radiographie et l'échographie sont efficacement explorés. Les traitements dépendent des origines ainsi que de l'importance de la présence de l'eau. Les épanchements pleuraux les moins importants pourront rapidement être traités par ponction. Cette méthode est non seulement très efficace mais offre en même temps l'avantage de faciliter la respiration immédiatement après l'intervention. Pour éviter toute récidive, l'on peut être obligé de suivre un traitement médicamenteux afin d'éliminer les éventuelles bactéries. Les
antibiotiques de la famille des tétracyclines sont reconnus très efficaces à cet effet. Ils peuvent être pris oralement ou directement injectés dans les tissus touchés. Le procédé de talcage thoracoscopique est également l'un des plus efficaces avec une évacuation de l'eau par les voies urinaires. Si la pleurésie est due à des tissus cancéreux, comme cela peut se produire, une radiothérapie à répétitions variables est pratiquée sur le patient. Dans tous les cas d'épanchement pleural, l'addition d'une intervention directe sur les zones touchées à une antibiothérapie permet d'observer de très bons résultats assez rapidement.