Droit de grève, droit de
propriété intellectuelle, peines planchées... Décidément, le domaine législatif est en France l'un de ceux sur lequel on débat le plus, ces derniers mois. Même si le droit de grève n'est pas directement menacé, il est vrai que le projet sur le
service minimum obligatoire menace ce droit, selon certains syndicalistes, hommes politiques ou intellectuels de gauche. Mais avant de rentrer dans le vif du sujet : qu'est-ce que le droit de grève ?
C'est tout simplement l'assurance pour un employé de pouvoir protester par l'arrêt de travail, sans risquer de perdre son
emploi. Un droit qu'il a parfois fallu acquérir au prix du sang puisque certaines grèves du début du siècle ou pendant la guerre étaient réprimées dans le sang. Si certains peuvent penser que le droit de grève est en France utilisé à tort et à travers (une idée répandue parmi les citoyens qui se retrouvent bloqués dans les manifestations des grévistes, qui ne sont pourtant pas obligatoirement liées à une grève), il faut leur rappeler que celui-ci donne certes des droits à l'employé en matière d'arrêt de travail, mais aussi des conditions pour celui-ci. Ces limites du droit permettent d'éviter les abus et sont d'ailleurs elles-mêmes rarement remises en cause par les syndicalistes.
Ces limites sont simples : le droit de grève ne reconnaît pas toutes les formes de grève (comme la « grève du zèle » qui est l'application à la lettre d'instructions - souvent absurdes - afin de ralentir le travail). Le droit de grève ne concerne pas non plus les grèves à caractère politique : il faut une revendication quant aux conditions de travail pour rentrer dans le cadre du droit de grève français. A travers le monde, il est pourtant vrai que certaines grèves ont eu des enjeux politiques - mais on retrouve ce genre d'événements à des périodes révolutionnaires surtout.
Ainsi, s'il est vrai que les grèves étudiantes (dont la plus emblématique est celle de mai 1968, qui s'est propagée à d'autres secteurs de la société française) ont souvent des revendications politiques, elles sortent du cadre législatif prévu : le droit de grève n'a pas été conçu pour ce genre de cas limites et concerne précisément les salariés et le monde du travail salarié. Une évolution à venir, peut-être ? Car le droit de grève est une législation qui, bien que reconnue par la constitution, peut être modifiée : en effet, la constitution ne définit pas le droit de grève et renvoie à d'autres textes législatifs - moins difficiles à modifier - pour cela.
Depuis 1864 où la loi reconnaît pour la première fois ce droit ainsi que la constitution de syndicats, le droit de grève a toujours progressé dans le sens d'une meilleure protection des salariés qui revendiquent pour de meilleures conditions.
Pourtant, le gouvernement actuel estimant que la grève peut nuire à la santé économique de la France, le droit de grève risque de se trouver modéré par la notion d'un service obligatoire dans les services publics, un peu sur le modèle de ce qu'on peut trouver dans le secteur de la santé où les
médecins en grève arborent des brassards « en grève » mais continuent le travail. Une attitude qu'on retrouve aussi au
Japon, par exemple.
Cet article est lié aux dossiers suivants :
Legislation du travail : garante légale de la vie
professionnelle
Droit : moyen efficace pour la protection des
individus
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