En fait, les symptômes de la diphtérie sont ceux d'une
angine, à cela près qu'elle se caractérise par la formation de fausses membranes à l'entrée des voies respiratoires. Ainsi, leur localisation critique sur le larynx provoquera l'asphyxie par l'obstruction du conduit aérien. On appelle ce phénomène le « croup ». Souvent, la diphtérie est observée chez les enfants âgés entre six et quinze ans. C'est cette répartition sur cette période de la vie qui conduit à indiquer une immunisation naturelle : les nouveaux nés héritent ainsi de l'immunité de leur mère, immunité qui les protègera jusqu'à ce qu'ils atteignent les neuf mois. Cause dramatique de mortalité infantile à la fin du dix neuvième siècle, la diphtérie faisait à l'époque quelques dizaines de milliers de morts chaque année, et en 1924, on compte près de trois mille morts par an en
France... Il faut attendre 1888 pour que Roux et Yersin découvrent que la diphtérie n'est pas due au bacille déjà identifié, mais à la toxine que ce bacille produit. Ainsi, grâce aux travaux de Behring, médecin germanique, on identifiera l'antitoxine. Dès lors, il fut possible d'établir un protocole de traitement curatif en 1894.