La dent de sagesse est la dent qui fait éruption la dernière. Il y en a 4 chez l'adulte. Elle apparaît vers 20 ans, d'où son nom, car elle marque l'âge mûr. Pour mieux comprendre la particularité de cette dent, voyons d'abord comment elle se forme. Dès l'âge de 6 à 8 mois, se constitue la première dentition avec 20 dents au total : 4 incisives centrales, 4 incisives latérales, 4 canines, 4 premières petites molaires et 4 deuxièmes petites molaires.
Cette première dentition est remplacée par la seconde, à partir de 6 ans, comportant 20 dents de remplacement, qui seront définitives, en commençant par les incisives médianes. Mais simultanément avec ces dernières se forment les 4 premières grosses molaires qui font partie des 12 dents permanentes de l'adulte, à savoir les 4 premières grosses molaires donc, les 4 deuxièmes grosses molaires et les 4 troisièmes grosses molaires. Vers 7 à 8 ans apparaissent les incisives latérales de remplacement vers 9 à 10 ans, les premières petites molaires vers 10 à 11 ans, les deuxièmes petites molaires vers 11 à 12 ans, les canines vers 13 à 15 ans, les deuxièmes grosses molaires et vers 17 à 20 ans, et même plus, les troisièmes grosses molaires qu'on appelle les dents de sagesse. La deuxième dentition se fait en général sans complication, sauf pour la dent de sagesse qui mérite donc une mention particulière. Si les incidents existent, ce sont des troubles comme les douleurs au moment de l'éruption, ou une tuméfaction de la gencive.
Les accidents sont plus sérieux ou même graves quand la cause est un défaut de place, c'est-à-dire que l'arcade dentaire n'offre pas assez d'espace pour toutes les dents, cela concerne surtout l'arcade inférieure qui est bloquée en arrière par la branche montante du maxillaire inférieur. Il s'ensuit alors une difficulté, voire une impossibilité d'éruption, avec un gonflement des parties avoisinantes, en particulier de la gencive qui recouvre la couronne de la dent de sagesse et forme dessus un capuchon pouvant former un abcès si la dent s'infecte.
Pire encore, une ostéomyélite de la mâchoire inférieure où s'insèrent les racines de la dent si l'infection gagne cette partie inférieure. Par réaction à ces infections peut survenir une amygdalite, avec possibilité de constitution de phlegmons. Toutes les structures voisines peuvent être atteintes, en particuliers les glandes, ce qui peut conduire à des adénites susceptibles de suppurer, accompagnées d'une contracture complète des mâchoires qu'on appelle "trismus" qui est la conséquence d'un spasme des muscles masséters s'insérant justement, en partie, sur la branche montante du maxillaire inférieur. Quelle attitude prendre alors vis-à-vis de la troisième grosse molaire et des complications qu'elle pourrait engendrer, puisque l'extraction systématique n'est pas de règle car quelquefois elle se fait sous
anesthésie générale si elle est multiple. Il faut donc évaluer le rapport risque / bénéfice. Cette évaluation s'établit sur l'observance d'une bonne hygiène dentaire, étant donné que la dent qui nous intéresse est difficilement accessible sur toutes ses faces au brossage, elle sera donc vulnérable aux caries et aux infections.
En plus, les dents servent en principe à l'incision, à la mastication et à la trituration des aliments. Si la dent de sagesse ne peut pas assurer ces fonctions, vu sa position trop postérieure sur l'arcade dentaire, elle risque d'être inutile et de ne servir à rien. Si les complications surviennent, le traitement consiste, en premier lieu, à faire des bains de bouche émollients. Le chirurgien dentiste intervient ensuite lorsqu'il est indiqué de faire une incision du capuchon muqueux qui recouvre la couronne de la dent pour lui permettre de faire son ascension au niveau de la gencive.
Mais si les problèmes causés par la dent de sagesse sont trop importants ou graves, il ne faut pas hésiter à l'extraire. L'extraction, à ce moment-là, serait donc le traitement des diverses pathologies qu'a causées la dent, bien sûr accompagnée d'une antibiothérapie, d'un lavage ou d'une désinfection locale. Par conséquent, l'extraction dentaire n'est pas à pratiquer d'emblée, même à titre préventif. La prévention se fait lorsqu'on a déjà suspecté la survenue d'une ou de plusieurs complications graves. Et pour mettre en évidence l'apparition ultérieure des complications, on dispose de la
radiographie qui permet de visualiser l'insertion de la dent dans le maxillaire, ce qui donne la possibilité dans une certaine limite, d'évaluer les éventuelles conséquences de son éruption sur les structures voisines. Bref, il est prudent et sage de bien surveiller l'évolution de sa dent de sagesse si on veut éviter les mauvaises surprises.