Créer sa propre entreprise, c'est comme accéder à la propriété immobilière, un rêve que partagent bon nombre de citoyens. Le désir de devenir indépendant, ne doit cependant pas pousser un porteur de projet à la précipitation. Avant de quitter la proie pour l'ombre, mieux vaut s'assurer de disposer de toutes les clefs, même si l'ossature économique des marchés n'est plus aussi fiable que par le passé. La mondialisation et l'évolution rapide des affaires engendrent des incertitudes que l'esprit rationnel doit intégrer dans sa réflexion.
Vous avez longuement réfléchi et votre idée arrive à maturité. Vous avez déterminé vos règles économiques et le plan de financement adopté correspond aux réalités financières. Vous avez réalisé une étude de marché consolidant le bien-fondé de votre action. Vous disposez d'un minimum de savoir dans les domaines de la gestion, de l'administration et de la commercialisation. Il est donc grand temps de vous jeter à l'eau, sans avoir au préalable prévu votre bouée de sauvetage. Après avoir défini avec soin l'activité, il est nécessaire de choisir les statuts de sa société. La nature de l'activité déterminera surtout le mode de facturation. Quant aux statuts, plusieurs modèles existent, il suffit souvent de compléter les parties propres à votre installation. Le choix du statut juridique est extrêmement judicieux, puisqu'en découlera les montants des charges sociales et le taux d'imposition dont vous devrez vous acquitter auprès des différents organismes étatiques. Trois grandes formes juridiques sont majoritairement exploitées. La première est l'EURL, Entreprise Unipersonnel à Responsabilité Limitée.
Il n'y a pas de capital minimum requis, les démarches sont allégées, mais le patrimoine personnel peut être menacé en cas de difficultés, ou pire de faillite. Etre à son compte en nom propre, c'est souvent le cas de
professions libérales ou artisanales, avec peu d'espoir ou d'envie de compter une masse salariale conséquente. La seconde est la SARL, Société A Responsabilité Limitée. Pour démarrer, un seul euro est suffisant. Il faudra tout de même, dans les années qui suivent, compléter la somme pour arriver au capital de 7 500 euros. Les biens du gérant sont dans ce cas protégés.
Ce type d'organisation est plus utile pour réaliser de futurs investissements et le recrutement de salariés. A noter également qu'il faut être au moins deux associés pour créer une SARL. La dernière est la SA, Société Anonyme, composée d'au moins cinq associés. Le capital minimum est de 37 000 euros. Cela implique entre autres, la nomination d'un conseil d'administration et une structure hiérarchique bien établie. Ce statut n'est profitable que si le chiffre d'affaires envisagé est de plusieurs centaines de milliers d'euros dès la première année. Les deux formes les plus répandues sont clairement l'EURL et la SARL, elles représentent près de 80% des sociétés immatriculées en France. Cette étape effectuée, viennent ensuite les démarches administratives. La mise en place récente des
CFE (Centre de Formalités des Entreprises) facilite la création.
Cette structure vous évite la tournée longue et fastidieuse des organismes auxquels vous devez signaler le début de votre exercice : greffe du tribunal,
INSEE, caisses sociales, inspection du travail... En un seul bureau, à condition de réunir tous les documents demandés, vous immatriculez votre société. C'est une avancée notoire pour les créateurs d'entreprises. Les aides à la création sont multiples et variées. L'aide à la création et à la reprise d'entreprise, l'
ACCRE, octroie des exonérations de charges sociales sur une, voire plusieurs années.
Dossier qu'il faut compléter et déposer avant le début de l'activité. Vous pouvez également bénéficier des chèques conseils des chambres de commerce, d'une avance remboursable. Choisir une zone franche, sous certaines conditions, tirer parti d'exonérations d'
impôts locaux et sur les bénéfices, et tirer avantage du lieu en obtenant une prime d'aménagement du territoire. Les collectivités locales peuvent aussi vous apporter des aides sous forme de subventions, de bonifications d'intérêts ou encore alléger l'impôt foncier. Aux
ASSEDIC, vous pourrez percevoir vos allocations durant au moins un an. Cette partie de la création d'entreprise est rébarbative mais indispensable. Il n'y a pas de petites économies, et saisissez tout ce qu'il vous est possible de prendre. L'ultime étape est celle de l'
ouverture d'un compte bancaire. Les organismes bancaires sont souvent méfiants vis-à-vis des créateurs d'entreprises. Il est vivement conseillé d'être muni d'un dossier complet, incluant notamment une étude de marché, le plan de financement et un prévisionnel sur trois ans. Sachez que, si aucune banque ne vous ouvre ses portes, la
Banque de France vous désignera une banque d'office. N'omettez pas avant de vous lancer, de déposer le nom de votre société à l'INPI, de choisir une protection sociale adéquate pour vous et votre famille. Ne jouez pas non plus au plus fin, sachez vous entourer de spécialistes, penser à vous former assidûment. Posez-vous toutes les questions, même celles qui vous paraissent inutiles. Créer son entreprise et réussir relève souvent de détails auxquels vos concurrents n'auront pas songé. Choisissez les moyens de communication les moins coûteux pour vous faire connaître, et surtout garder la tête sur les épaules. Ne confondez pas vitesse et précipitation,
chiffre d'affaires et bénéfices. Un bon carnet d'adresses et le bouche-à-oreille sont au départ efficaces et suffisants pour s'assurer une bonne première année. Travailler douze à treize heures par jour ne doit pas vous effrayer. Parfois la durée du temps de travail est supérieure à ce que le corps et le cerveau peuvent supporter. Soyez capables de prendre du repos et le recul nécessaire à l'analyse de la situation. Par contre, ne remettez jamais au lendemain une décision que vous pouvez prendre le jour même. Et ce sont souvent les idées les plus simples qui sont les meilleures.
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