Le Corton Charlemagne Grand Cru est un vin blanc entièrement composé de chardonnay, autrement dit de cépages blancs de
Bourgogne et de Champagne. Il est généralement d'une couleur brillante verte et dorée, avec quelques variantes. Les vignobles, qui recouvrent plusieurs centaines d'hectares, se répartissent en majorité sur la commune d'Aloxe-Corton. Plusieurs domaines très réputés y sont établis dont les plus connus sont les propriétés Antonin Guyon, Prieur, Bonneau du Martray, ainsi que le domaine des héritiers Louis Jadot.
La région de plantation est caractérisée par un sol calcaire mêlé d'
argile, souvent d'une couleur blanche claire et quelquefois brunâtre, avec un système de drainage adéquat et une exposition au soleil favorable à la culture de vigne. La fermentation alcoolique ou vinification se fait dans des fûts en chêne pendant 18 à 20 mois. Ensuite, viennent la phase de l'aromatisation et de la mise en bouteille. L'aromatisation peut être faite avec une variété de plantes fines telles que le tilleul, l'acacia, la
cannelle, l'ambre ou le
poivre, et parfois avec une pointe d'agrumes ou de fruits tels que l'
ananas et la pêche. La conservation qui déterminera la qualité du vin constitue l'étape finale. La durée exigée pour atteindre la maturation d'un Grand Cru varie entre 10 à 30 ans. Hormis la nécessité de se conformer au délai minimum de conservation, le conditionnement doit être optimal en terme de température et de degré d'humidité. C'est ainsi que le Corton
Charlemagne se révèle dans sa splendeur, abrité durant plusieurs dizaines d'années dans les caves, ces dernières pouvant parfois dater du XVIIIème siècle, comme quelques-unes qu'on trouve à Aloxe- Corton et Savigny-Lés-Beaune.
D'une manière générale, le goût est à la fois fort, pur, fin et minéral. Selon son millésime, chaque Grand Cru s'affirme par ses spécificités. Ainsi par exemple, après une séance de dégustation chez Bonneau du Martray, on peut distinguer celui de 1993 par sa remarquable longueur gustative, particulièrement due à son acidité. Le millésime 1996, pour sa part, dégage un goût final tranchant et légèrement amer, tandis que celui de 2003 manifeste une saveur grasse et concentrée d'une faible acidité, doublée d'une fin tannique avec un soupçon d'amertume.
Le cru de 2004, avec sa robe très claire et la présence de l'oïdium, fait sentir discrètement le parfum à la fois fumé et mielleux, avec un saisissant grillé à la fin. Avec celui de 2005, produisant 150 pièces, la senteur est très pure et fruitée, mélangée finement avec un grillé, et son goût est à la fois dense et d'une grande fraîcheur. Gardant le meilleur pour la fin, le Corton Charlemagne Grand Cru 1985 représente toutes les qualités que le terroir peut offrir. Sous sa couleur or clair, il domine l'odorat par un ingénieux mélange d'acacia et d'orange. Son goût parfaitement minéral et dense s'atténue progressivement vers le gras, pour devenir à la fin plein et très long. La qualité et la productivité étaient en fait au rendez-vous cette année-là. En résumé, il est légitime, voire indiscutable d'affirmer qu'indépendamment du millésime, le Corton Charlemagne Grand Cru demeure l'une des fiertés de la Bourgogne et de la Champagne, avec plus de trois siècles de traditions et de pratiques viticoles. Enfin, pour clore, il convient d'évoquer qu'en matière culinaire, le vin peut parfaitement se déguster seul.
Pendant un repas, il est surtout conseillé pour accompagner des plats raffinés, comme ceux à base de fruits de mer, que ce soit des poissons ou des crustacés. Il peut s'apprécier également avec de la viande blanche.