La conjonctivite est une inflammation de la muqueuse conjonctivale : une telle pathologie relève de la compétence d'un
ophtalmologue. Elle peut être provoquée par un virus : on parle alors de conjonctivite virale. Ou encore par une bactérie ou une
allergie : on parle alors respectivement de conjonctivite bactérienne et de conjonctivite allergique. La conjonctive tapisse la face postérieure des paupières et la face antérieure de la sclère : dès lors, la conjonctivite peut être palpébrale, ou bulbaire.
On notera comme signes cliniques des picotements, une sensation de sable dans l'oeil, des hypersécrétions claires ou parfois purulentes, avec agglutination dans les cils, et une discrète photophobie (d'où parfois le port nécessaire de lunettes de soleil). Le patient se plaindra souvent de douleurs, de fatigues oculaires. Souvent bénigne, la conjonctivite peut cependant s'avérer particulièrement contagieuse. Il convient alors de nettoyer minutieusement les yeux avec des compresses stériles et d'un sérum physiologique : un tel traitement suffit très souvent à traiter l'infection virale en quelques jours. Eventuellement, le médecin pourra prescrire également un collyre antiseptique. Il faudra, dans tous les cas, éviter tout contact avec les larmes et les sécrétions du patient, et évidemment éviter d'utiliser les mêmes mouchoirs et les mêmes serviettes que le malade. On veillera aussi à se laver les mains le plus souvent possible, notamment après un contact avec le malade. Le germe de la conjonctivite sera mis en évidence par un frottis fait avant tout traitement avec culture et antibiogramme.
Concernant plus particulièrement les conjonctivites bactériennes, il s'agit souvent de staphylocoques, de streptocoques, d'entérobactérie, de pyocyanique. Un collyre ou une pommade antibiotique à poursuivre quinze jours seront prescrits. Les conjonctivites à Chlamydiae, elles, se traiteront grâce à un traitement par cyclines en pommade et par voie générale.
Les Chlamydiae sont responsables du trachome (c'est à dire une conjonctivite folliculaire chronique), à l'état endémique en Afrique du Nord et en Asie, redoutables par ses complications notamment cornéennes, et, plus fréquemment en
France, des conjonctivites à inclusions. Les conjonctivites virales, elles, peuvent être dues à des adénovirus. Ceux ci entraînent des kérato- conjonctivites épidémiques extrêmement contagieuses, en général bénigne, mais pouvant laisser des séquelles cornéennes. Sa transmission se fait par les mains et les instruments ophtalmologiques. Pour soigner ce type de conjonctivite, on utilisera de la Rifamycine en collyre pour prévenir la surinfection bactérienne et des collyres corticoïdes pour traiter les opacités cornéennes tardives.
Très fréquentes, les conjonctivites allergiques nécessitent une éviction de l'allergène si il est possible de l'identifier. On pourra ensuite procéder à une désensibilisation générale, ou localement avec instillation de Levophta, de collyre Cromoptic, avec ou non une corticothérapie locale d'appoint. On y adjoindra souvent un antihistaminique par voie générale, comme par exemple du Zyrtec ou de la Claritine.