On voit apparaître pour la première fois le terme de classicisme au dix neuvième siècle : il désigne alors les oeuvres qui prennent pour modèle l'art antique... On parle tant de classicisme en musique, que de classicisme en littérature ou dans les arts en général. Aujourd'hui, on utilise le terme de classicisme pour parler d'un mouvement littéraire et artistique de la deuxième moitié du dix septième siècle. En fait, le terme même de « classicisme » pose de réelles problématiques de définitions. Il est à ce titre certainement utile de revenir aux racines même du mot pour en appréhender l'utilisation, parfois à tort. Ainsi, la racine classicus renvoie en latin à la plus fortunée des classes de la société. Petit à petit, à force d'éloignements divers, le mot à pu désigner les écrivains de référence (« ceux qu'on étudie dans les classes »...). Dès lors, et par l'usage, le terme de classicisme a désigné tant les auteur de l'Antiquité, considérés comme dignes d'être enseignés et imités, mais aussi les auteurs français du dix septième siècle qui ont su développer un art de raison et de mesure, défendant avec ardeur le respect de l'héritage des Anciens, c'est à dire les auteurs de l'antiquité.
En fait, le mot « classicisme » est utilisé pour la toute première fois par
Stendhal lorsqu'en 1817 il désigne des oeuvres qui ont pris pour modèle l'art antique, c'est à dire en opposition par rapport aux oeuvres romantiques. Ainsi, le courant du classicisme renvoie à une sorte de période de grâce de la littérature en
France où l'esprit français se serait le mieux illustré historiquement. On peut sans hésiter figer cette période en la délimitant sur l'intervalle 1660 - 1680.
Notamment, c'est cette interprétation qui est retenue par les historiens de la littérature du dix neuvième siècle. Pour autant, on remarque que ce terme est parfaitement propre à la littérature française, au moins dans cette interprétation. En effet, les historiens de la littérature des autres pays européens l'utilisent, eux pour désigner les auteurs de l'Antiquité grecque, auteurs qui servirent de modèle à l'Europe toute entière... Pour autant, le classicisme « made in France » n'est pas uniquement définit par des dates et des critères d'ordre purement historique. En effet, un certain nombre d'indices se retrouvent ensemble pour qu'il soit possible de parler du classicisme à propos d'une oeuvre. Ainsi, les oeuvres dites « classiques », et c'est particulièrement visible en peinture, reposent toutes sur une certaine volonté d'imitation, puis de réinvention des oeuvres de l'Antiquité, tout en respectant un idéal de Raison et en perpétuelle quête d'un Equilibre, lequel repose, comme chez les Antiques, sur l'harmonie et le naturel, voire d'un certain humanisme et toute empreinte de symbolisme.
Cette exigence de critères très formels fera qu'un certain nombre d'auteur du classicisme (ou du moins certains auteurs du dix septième siècle qui se réclamaient de ce courant) seront écartés par les puristes du classicisme, car leurs oeuvres ne correspondaient pas à l'idéal classique tant recherché. Ces oeuvres (surtout de la première moitié du dix septième siècle) qui ne rentraient pas dans le champ théorique du classicisme seront intégrées plus tard autour du vocable « baroque », emprunté aux arts plastiques.
Ces catégories et ces « classements » formels n'apparaissent évidemment que plus tard, et les artistes de l'époque n'en avaient cure ! A ce titre, on s'accordera sur le fait que si la catégorie « baroque » renvoie presque vulgairement à tout ce qui n'est pas « classique » à cette époque, le baroque a très largement inspiré le classique, notamment en littérature. On parlera plus tard de néo-classicisme en histoire de l'art pour désigner une seconde renaissance du modèle antique, par opposition au
romantisme...