Le Casier Judiciaire National est une fiche, désormais informatisée sur laquelle sont consignées les condamnations, notamment pénales prononcées par les autorités judiciaires. L'objectif de ce casier est de garder en mémoire toutes les décisions de
justice prises à l'encontre d'une personne et de les reproduire, sous forme d'extraits, dans les conditions prévues par la loi. Ces informations contenues dans des feuillets nommés bulletins, sont plus ou moins exhaustives selon le requérant. Le bulletin numéro 1 regroupe l'intégralité des infractions et s'adresse aux instances juridiques. Le bulletin numéro 2 est celui demandé par les administrations et le bulletin numéro 3 est celui qui est envoyé aux particuliers. Avant de voir plus en détails la nature de ces trois bulletins, revenons sur l'histoire de ce casier. C'est en 1966 que le Casier Central est transféré à Nantes, il était jusque cette date installé sur la fameuse
place Vendôme, à
Paris. Il est à cette occasion amplifié avec l'ajout des fichiers issus de la décolonisation.
En 1973, le nombre croissant de casiers à entretenir amène les autorités françaises à mettre en place les jalons de l'informatisation du traitement des données. La loi du 4 janvier 1980 relative à la rationalisation du casier judiciaire renforcée par le décret du 6 novembre 1981 instaure l'autorité du ministère de la justice qui placera sous sa tutelle un service national pour gérer toutes ces données sensibles. Ces textes ont bien évidemment reçu un avis favorable de la
CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés).
Le Casier Judiciaire National tel qu'il est connu aujourd'hui, entre ne vigueur le 4 janvier 1982, dans un bâtiment flambant neuf à la périphérie nantaise, à l'intérieur duquel se trouvent aujourd'hui 270 agents. C'est à partir de ce jour que devient effective l'opération de transferts de tous les fichiers des 175 tribunaux de grande instance métropolitains vers cette cellule spéciale nantaise. Il faudra attendre 1996 pour que les Départements d'Outre Mer soient inclus dans ce dispositif. Outre le fait de conserver toutes les condamnations dites pénales (celles qui ont été arrêtées par les cours d'assises, les cours d'appel, les tribunaux correctionnels, les tribunaux de police, les tribunaux pour enfants, les juges des enfants), le Casier Judiciaire contient également certaines décisions prononcées par les juridictions commerciales (liquidation judiciaire, faillite personnelle, interdiction de gérer). Ces informations sont donc éditées sous forme d'extraits appelés communément bulletins de casier judiciaire. Le bulletin numéro 1 comporte la totalité des condamnations et des décisions du casier judiciaire à l'exception de certaines condamnations qui, passé un certain délai n'y apparaissent plus.
Ce délai est en général de trois ans (contravention de police, culpabilité assortie d'une dispense de peine, sanctions éducatives prononcées contre les mineurs). Il atteint les cinq voire dix ans pour les condamnations assorties d'un sursis ou pour les jugements portant sur la
liquidation judiciaire à l'égard d'une personne physique. Les condamnations pénales ne relevant pas d'exception sont en tout état de cause retirées à l'expiration d'un délai de 40 ans. Ce bulletin très complet ne peut être remis qu'aux autorités judiciaires compétentes.
Le bulletin numéro 2 contient la majorité des condamnations figurant au bulletin n°1, sauf les condamnations prononcées à l'encontre des mineurs, les contraventions de police, les
condamnations avec sursis, lorsque le délai d'épreuve a pris fin. Il ne peut être demandé que par certaines autorités administratives ayant évoqué des motifs strictement réglementés tels que l'accès à un emploi public, à certaines professions ou encore pour l'obtention d'une distinction honorifique. Le bulletin numéro 3 quant à lui regroupe les condamnations les plus graves prononcées pour crime ou délit (les condamnations à un emprisonnement de plus de deux ans sans sursis ou dont le sursis a été intégralement révoqué, les condamnations à un emprisonnement sans sursis ne dépassant pas deux ans si le tribunal en a ordonné la mention, les interdictions, déchéances ou incapacités prononcées à titre principal pendant leur durée, les décisions prononçant l'interdiction d'exercer une activité professionnelle ou bénévole impliquant un contact habituel avec des mineurs). Cet extrait peut être remis à l'intéressé sur sa demande. Le bulletin n° 3 est gratuit. Pour l'obtenir, vous pouvez effectuer directement votre demande par Internet (www.cjn.justice.gouv.fr). Vous recevrez ce document en moins d'une semaine par voie postale. Vous pouvez également faire votre demande à l'adresse suivante : CASIER JUDICIAIRE NATIONAL 107 rue du Landreau 44317 NANTES CEDEX 3. Vous pourrez obtenir la délivrance immédiate de votre bulletin si vous vous présenter personnellement muni d'une pièce d'identité. Sinon, envoyer un courrier en indiquant vos noms de naissance et d'usage notamment pour les femmes mariées, prénoms, date et lieu de naissance et l'adresse où doit être envoyé le bulletin. Si vous n'êtes pas né en France, vous devrez joindre un justificatif d'identité. Il est inutile d' y ajouter une enveloppe timbrée pour la réponse et vous recevrez votre bulletin numéro 3 dans un délai de deux semaines environ par voie postale. Depuis peu, le CJN est dirigé par un
magistrat et 70% des agents sont affectés à la saisie informatique. Sachez que chaque année, le CJN, c'est près d'un million de condamnations saisies et plus de sept millions de bulletins délivrés. La CNIL, quant à elle, veille au bon développement de traitements informatiques et au respect des libertés individuelles fondamentales.