Le prix du super sans plomb 95 a frôlé la barre de 1,50 euro le litre récemment et le prix du gasoil s'en rapproche sans compter la hausse du fioul et du gaz qui sont des produits dérivés du pétrole. Bref, c'est la grogne non seulement en
France mais dans toute l'Europe et aussi aux
Etats-Unis. Le prix du baril de brut ne cesse d'augmenter atteignant des niveaux records sur les marchés internationaux. Pourtant, les pays de l'Opep assurent produire au maximum de leur capacité et rejettent la faute sur les spéculateurs qui seraient à l'origine de cette flambée des prix.
Seule l'
Arabie Saoudite a accepté d'augmenter un peu sa production sans pour autant que cela se répercute sur la courbe des prix. Selon les pays producteurs, il n'y aurait pas lieu d'augmenter la production qui satisfait à la demande mondiale. De plus, pour trouver du pétrole, il faut forer dans des conditions plus difficiles et plus profondément et cela demande de lourds investissements. Si les Saoudiens ont ajusté leur production, c'est pour faire face au manque de production du
Nigéria qui connaît un conflit civil alors que ce pays est le 12me producteur mondial de pétrole. Les Saoudiens mettent en cause les spéculations financières internationales en précisant qu'il n'y a pas de pénurie de pétrole. D'après eux, le principal problème viendrait donc des financiers car les pays de l'Opep produiraient à pleine capacité. Sur quoi se basent donc les financiers ? La situation est incertaine au Moyen-Orient et notamment en Iran et en Irak mais aussi dans la région en général et les financiers craignent que les pays producteurs de pétrole ne puissent le faire acheminer. Il y a par exemple de graves problèmes qui affectent les pipelines dans la région du Caucase.
De fait, les marchés financiers semblent anticiper sur les tensions dans la région et certains achètent du pétrole pour le stocker et non pour le faire acheminer pour la consommation. Financiers et compagnies pétrolières seraient donc de mèche pour, en stockant du pétrole, voir leurs intérêts augmenter lors de la revente. À qui profite le crime donc selon l'
Opep ? Principalement aux financiers et aux pétroliers et l'on voit
Total qui brasse des milliards de dollars se frotter les mains tout en accordant une petite participation à la hausse de la prime à la cuve !
(et encore, l'on sait que ce sont les foyers modestes uniquement qui en bénéficient et tout le monde ne se chauffe pas au fioul !). Pourtant, autre son de cloche chez BP qui affirme que la production mondiale a décliné de 0,2 % en 2007 alors que la consommation a progressé de 1,1 % notamment à cause de pays comme la
Chine ou l'
Inde dont la population voit son niveau de vie augmenter. Plus de demande et moins d'offre, voilà ce qui provoquerait la hausse des prix et si l'on note effectivement une petite part de spéculation pour faire des réserves ou pour que les investisseurs se protègent de la dépréciation du dollar en achetant des matières premières, c'est surtout ce problème de demande supérieure à l'offre qui est en cause.
D'autres personnes mettent en cause l'Euro mais c'est plutôt l'inverse qui se produit car les produits pétroliers sont vendus en dollars, les Européens ayant un Euro fort s'en tirent donc mieux que les Américains en ce qui concerne la facture pétrolière. Quant au gasoil, la demande est de plus en plus forte en Europe face à l'augmentation du parc automobile diesel mais le problème, c'est que les raffineries produisant le gasoil n'ont pas été réhabilitées depuis trente ans.
C'est donc un matériel obsolète qui est utilisé et aucune raffinerie n'a été construite aux Etats-Unis et en Europe depuis des années. De ce point de vue, les compagnies pétrolières sont responsables et la hausse des prix du raffinage entraîne la hausse du gasoil (le prix d'une tonne de raffinage a été multiplié par 3 en 6 ans) et c'est justement la forte demande de gasoil qui entraîne la hausse des prix du raffinage pour produire non seulement du gasoil mais aussi du fioul, du kérosène ou du GPL. Il ne s'agit donc pas d'un problème de taxe comme on l'entend si souvent même si les taxes représentent 60 % du prix d'un litre d'essence dont 0,60 euros pour la TIPP (taxe fixe) et 19,6 % pour la TVA. Alors il est vrai qu'au plus le prix HT augmente, au plus les gains de TVA sont importants c'est pourquoi le gouvernement avait à l'étude un projet de reverser aux Français le surplus de TVA engrangé. Quoi qu'il en soit, le transport pèse de plus en plus lourd dans le budget des ménages et une proposition est à l'étude pour accorder une « prime transport » sur la fiche de paie des salariés pour remplacer le chèque transport qui n'a jamais été mis en application. Quoi qu'il en soit, des investissements ont lieu dans l'exploitation d'autres sources d'énergies (
géothermie, énergie solaire, bio carburant, etc.) d'autant plus que le consensus scientifique du Giec a préconisé la division par deux des émissions des
gaz à effet de serre d'ici à 2050 et par quatre dans les pays développés. Pour atteindre cet objectif, la taxe sur le litre d'essence devrait augmenter considérablement. En conséquence, tous les économistes affirment que le prix de l'énergie va continuer à augmenter et des restructurations seront nécessaires notamment dans certaines professions dépendant très fortement des produits pétroliers (pêcheurs et transporteurs routiers). De même, les transports urbains devront être améliorés. Toutes ces évolutions inévitables vont certainement poser de plus en plus de problèmes sociaux et politiques. En attendant, pour les familles, c'est la galère et on prend moins sa voiture, on utilise plus les transports en commun ou on adopte le
covoiturage, des solutions qui ne peuvent être appliquées partout sur tout le territoire. Une autre solution serait de faire un peu plus contribuer les compagnies pétrolières mais là... C'est une autre histoire !