Chaque année, deux villes d'Europe sont sélectionnées pour former un couple de « Capitale européenne de la culture ». Les deux dernières décennies ont permis à la
France d'être représentée trois fois, à travers Paris en 1989,
Avignon en 2000 puis Lille en 2004. Celle-ci a rencontré un succès phénoménal tant les retombées économiques sur la ville ont été remarquables. En effet, les 72 millions d'euros générés par plus de 8 millions de visiteurs ont contribué à lui donner une dimension entrepreneuriale largement plus importante.
La capitale des Flandres a en outre gagné en prestige et est devenue une destination touristique de premier choix. Cette année, la palme revient au tandem
Liverpool- Stavanger, mettant en oeuvre une collaboration étroite entre la
Grande-Bretagne et la Norvège. Pour 2009, l'événement sera conjointement organisé par l'
Autriche et la
Lituanie, respectivement à travers Linz et Vilnius. Essen (
Allemagne) et Pécs (Hongrie) les succèderont en 2010. Pour ce qui est de la prochaine ville française, le calendrier retiendra
Marseille pour 2013 à la suite de la proclamation officielle effectuée par
Christine Albanel le 16 septembre 2006. Cette décision unanime est survenue après une délibération en date du 15 et du 16 septembre, édictée par un jury composé de 13 membres dont 6 choisis par le gouvernement français et 7 Européens. La compétition s'est tenue entre quatre villes présélectionnées :
Bordeaux,
Lyon, Marseille et
Toulouse. Cette nomination se combine à celle de la ville slovaque de Kosice qui forme le binôme gagnant avec la ville euroméditérranéenne pour la crue 2013.
L'élection de Marseille émerveille tout un territoire dans la mesure où sa communauté urbaine est directement concernée par les différents projets artistiques et culturels à réaliser à cette occasion. En tout, l'on en dénombre 74 incluant spectacles, colloques, ateliers, expositions et autres ballets artistiques de tous genres pour une bagatelle de 98 millions d'euros, répartis sur quatre ans.
Par ailleurs,
Aix-en-Provence, Arles, Salon-de-Provence, de même que les communautés de
Martigues, d'
Aubagne et de
Toulon contribuent largement à la mise en place de ces grands événements. Les recettes prévisionnelles tournent autour de 600 millions d'euros, montrant précisément la motivation et les aspirations de la cité phocéenne à se développer dans sa diversité culturelle, mettant un point d'orgue à ériger la cohabitation des cultures occidentales et orientales. Cet aspect particulier de son programme lui a d'ailleurs valu la victoire sur ses concurrentes, outre le développement économique qu'elle convoite si ardemment. Par extension, Marseille Provence a affiché la volonté de pérenniser ses actions à travers la présentation des « Ateliers de l'Euroméditerranée » qui touchent non seulement la période 2007- 2013, suivant le programme culturel de la Commission européenne, mais s'étendent également aux années futures par la mise en place d'une collaboration durable avec les artistes et les cultures autant européennes que méditerranéennes.
Les ateliers en question s'instaureront à différents niveaux afin de toucher directement les chercheurs et scientifiques, les professionnels et les écoliers tout en élargissant les horizons des passionnés. Vous pourrez alors vous préparer à assister prochainement à la présentation de « annuels et définitifs », « Via Marseille » et « InterMed » dans ce qui constitue la concrétisation de cette perpétuation.
Sur le plan infrastructurel, les bords de mer et le centre-ville bénéficieront d'une refonte moderne pour embellir leur image tout en répondant aux besoins récurrents de la population face à une densité démographique de plus en plus pressante. De plus, les activités portuaires gagneront en autonomie grâce à leur délocalisation encore plus effective. Cet ensemble amènera à proliférer la venue des bateaux de croisière, véritables ressources culturelles et économiques. Créé en 1985 par le ministre de la Culture grecque de l'époque, Melina Mercouri, le label « Capitale européenne de la culture » apportera énormément à la ville, en ne citant que les trois millions de touristes supplémentaires attendus et les nouvelles opportunités qui se présenteront avant, durant et après leurs passages. Sur le plan financier, la ville de Marseille prendra en charge les différents travaux avec le soutien des collectivités locales et le partenariat des grandes entreprises. L'
Union européenne ainsi que l'Etat auront respectivement leur part dans l'accomplissement de ce projet faramineux. A cette occasion, une commémoration d'
Albert Camus est incluse dans les festivités, marquant ainsi ses centenaires sur une exposition dénommée « Camus et la
Méditerranée » et certainement sur l'adaptation de l'une de ses pièces, « Les Justes », en opéra. Par conséquent, ce grand humaniste de son temps aura entièrement sa place lors de ces manifestations. Ce n'est certes pas qu'une simple coïncidence quant aux dires de Bernard Latarjet, directeur de la candidature de la ville des Bouches du Rhône, sur la question des nombreux conflits liés aux chocs des cultures, essentiellement dus au phénomène de la migration sur ce confluent entre deux continents.
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