Bruce Springsteen voit le jour le 23 septembre 1949 dans une petite ville du New Jersey. Son ambition musicale commence à se révéler au contact de grands noms du
rock et du folk, des noms aussi illustres que Chuck Berry,
Bob Dylan ou encore
Elvis Presley (ce dernier lui aurait soufflé sa vocation). Après avoir mené pendant deux ans un groupe de lycéens, The Castiles, il s'oriente vers le chant et intègre plusieurs orchestres dont le célèbre E Street Band. Dès lors, le surnom « The Boss », lié à son très grand sens du professionnalisme, le suit à la trace.
En 1973, Bruce Springsteen est repéré par John Hammond, le producteur mythique de Columbia, découvreur de talents aussi prestigieux que Billie Holiday, Count Basie, Bob Dylan et Leonard Cohen. Accompagné du E Street Band, il enregistre son premier album, « Greetings from Ahbury Park » et enchaîne dans la foulée avec un deuxième disque, « The Wild, The Innocent and The E Street Shuffle », dans lequel se manifestent les premières grandes « ballades springsteeniennes ». Mais c'est en 1975 que la légende du « Boss » éclate véritablement. L'album « Born to Run » embrase les foules et les critiques et hisse « The Boss » sur un sommet dont il ne descendra plus. Bruce Springsteen, dans ce disque puissamment « rock », s'affranchit en effet de ses influences antérieures et livre au public toute l'étendue de son talent. Y sont également présentes, au travers de chansons aussi évocatrices que « Thunder Road », « Backstreets » ou «Jungleland » (sans oublier le titre-phare, « Born to Run »), quelques-unes des obsessions du chanteur, de la jeunesse perdue aux routes infinies qui défilent depuis le pare-brise.
En 1978 paraît « Darkness on The Edge of Town », une oeuvre beaucoup plus sombre et foisonnante, dans laquelle les thèmes et les arrangements springsteeniens prennent toute leur ampleur. Bruce Springsteen, durant cette période, commence également à composer pour d'autres artistes. Il sera à l'origine du 45 tours « Fire », interprété par Robert Gordon, et du tube « Because the Nignt », grand succès de Patti Smith.
L'année 1980 est marquée par la parution de « The River », album truffé de longues ballades poignantes (« Point Blank », « The River »), que viennent heurter des chansons beaucoup plus nerveuses et légères (« You Can Look », « Hungry Heart »). S'ensuit une tournée de près de trois ans et un album sobre et dépressif, « Nebraska » (1982), enregistré avec une guitare sèche et un harmonica, sans le E Street Band, et dans lequel Bruce Springsteen creuse un peu plus le sillon de la perte des repères et des idéaux humains. En 1984 paraît l'explosif « Born in the USA », qui se vendra à des millions d'exemplaires et donnera lieu à une tournée mondiale au succès retentissant. Le morceau titre, hymne amer à la gloire des
Etats-Unis (que la droite reaganienne tentera en vain de récupérer), qui dénonce en filigrane les conséquences désastreuses de la guerre du Viêt-nam sur les vétérans, vaudra à son auteur quelques revers. Après le discret « Tunnel of Love » (1987) et cinq années de silence, Bruce Springsteen livre deux albums solo quelque peu lisses et académiques, « Human Touch » et « Lucky Town » (1992).
En 1995, « The Ghost of Tom Joad », adaptation bouleversante et engagée des thèmes développés par John Steinbeck dans « Les Raisins de la Colère » suscite un véritable engouement auprès des fans et de la critique. Bruce Springsteen reforme en 1999 le E Street Band et s'engage pour une nouvelle tournée mondiale. Il enregistre en 2002 « The Rising » avec le E Street Band, album au coeur duquel résonne le traumatisme occasionné par les événements du
11 septembre 2001.
Il devient par la suite le porte-parole de la série de concerts « Vote for Change », destinée à soutenir
John Kerry et à contrer George Bush. En 2005 paraît « Devils and Dust », un disque très intimiste, dans la lignée des albums « Nebraska » et « The Ghost of Tom Joad ». « We Shall Overcome », paru en 2006, est la dernière oeuvre en date de l'auteur-compositeur. La discographie de Bruce Springsteen, largement inspirée de la culture folk américaine, révèle un homme profondément attaché aux racines populaires et aux thèmes ancestraux qui font les hommes et leur histoire.