Brigades rouges : qui sont-ils ?


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En Italie, les années 70 sont marquées par le début des évènements de violence et de terreur à l'encontre de l'ordre public. Le groupement de la « Gauche Prolétarienne » ou Sinistra Proletaria a conçu un clan qui est devenu par la suite une organisation terroriste de l'extrême gauche en Italie. Cet organe fut fondé le 20 octobre 1970 à Reggio Emilia sous l'appellation de « Brigate Rosse », signifiant littéralement les « Brigades Rouges ». L'entité vit sous le commandement de ses principaux fondateurs qui ne sont autres que les deux italiens Renato Curcio et Alberto Franceschini.



Au début, ses objectifs et ses stratégies se présentent comme un mouvement autonome à l'exemple de celui de Lotta et Potere Operaio, et aussi comme celui des autres groupes politiques de l'extrême gauche. Mais deux principaux évènements ont occasionné un grand tournant déterminant le sort de l'organisation, notamment le décès de l'éditeur Giangiacomo Feltrinelli, le 15 mars 1972, celui qui s'avère être comme un véritable père pour Alberto Franceschini, ainsi que l'échouement des démarches d'endoctrinement. A compter de cette date, le groupe s'est lancé vers des actions violentes et sanglantes telles que les captivités, les actes criminels dits « jambisations » (blessures par balles aux jambes), des assassinats contre les employés de l'Etat à l'exemple des hommes politiques, des policiers, des journalistes et des magistrats. Ainsi, plusieurs attentats se multiplient sur le territoire italien tout entier et même à l'extérieur. Les impacts s'amplifient au fil du temps puisque les Brigades Rouges se permettent d'utiliser des explosifs lourds lors de certains attentats comme celui qui se passait à Athènes (en Grèce), dans le domaine de l'ambassade des Etats-Unis.


En novembre 1970, Franceschini escomptait assassiner quelques membres de l'OTAN, plus particulièrement Junio Valerio Borghese, par l'intermédiaire de Corrado Simioni et à travers l'opération faux drapeaux (false flag). Corrado Simioni envisageait ensuite d'introduire un groupe secret appelé « Superclan » au sein des Brigades Rouges. Finalement, les deux leaders des Brigades Rouges sont arrêtés par le général Carlo Alberto Dalla Chiesa et ils furent condamnés à purger 18 ans sous les verrous en 1974.


Mais effectivement, ils n'ont fait que 8 ans d'incarcération, suite à la dissociation sur la base de la loi de 1982. Toutefois, un autre visage du nom de Mario Moretti prenait la relève dans le commandement des Brigades Rouges et la violence et les actes de terrorisme sont devenus de plus en plus fréquents. Le nouveau chef a préparé un coup dans le but de kidnapper Aldo Moro, le Président du parti Démocrate Chrétien, le 16 Mars 1978. C'était le jour où un gouvernement de compromis historique avec le parti communiste fut annoncé par Giulio Andretti devant l'Assemblée. Trois objectifs poussent les BR pour réaliser cet enlèvement, à savoir, recevoir un certain degré de respect vis-à-vis du parti communiste comme dans le cas de l'OLP (Organisation de la Libération de la Palestine) en Palestine, ensuite, être accepté comme un mouvement de révolte contre l'autorité et enfin, obtenir la libération de plusieurs terroristes détenus. Malheureusement pour eux, le Pouvoir a refusé ces requêtes. De ce fait, Aldo Moro fut assassiné d'une balle dans la nuque après le cinquante-cinquième jour de sa détention. Son corps a été trouvé dans une malle d'une voiture garant sur la route qui mène au siège du parti Démocrate Chrétien.
brigades rouges


Les BR considèrent cet acte comme une « conclusion d'une bataille ». Pourtant, plusieurs assassinats se succèdent encore. Après celui du Président du PDC, ce fut le tour du Syndicaliste Guido Rossa et celui de Roberto Peci. Ces deux derniers sont tous victimes d'une opération de vengeance puisque leur fonction ne se penchait pas pour les comportements des BR. Ces actes de terrorisme sont condamnés par presque toutes les classes politiques ainsi que le monde syndical. De ce fait, les membres du Groupe sont traqués dans le territoire italien et cela les pousse à se réfugier dans d'autres Etats européens. Depuis 1976, la France n'évoquait aucune protestation vis-à-vis des réfugiés italiens. L'Etat Français, par la « Doctrine Mitterrand », a même refusé de les extrader et de les livrer sans preuves irréfutables exposées par les juges italiens. Ainsi, leurs condamnations devraient être fondées sur des crimes du sang. Certains réfugiés ont obtenu gain de cause, sauf pour le cas de Sergio Tornaghi condamné à un emprisonnement à perpétuité par le tribunal italien suite à une « participation à bande armée » et un « assassinat », mais la cour d'appel de Bordeaux a objecté face à son extradition. Cette doctrine se dissocie peu à peu vers l'année 2002 et permet à l'Etat italien de rapatrier plusieurs brigadistes en fuite vers la France. Par ailleurs, on a pu constater qu'il y avait un relais de flambeau au niveau des Brigades Rouges. Les vétérans ont pris la retraite tandis qu'une nouvelle génération continue les attentats sanglants. Cette nouvelle vague s'affaiblit en 1989 et ne se réveillait qu'à la fin de l'année 1990. Les « nouvelles Brigades Rouges » continuaient alors leurs actions pleines de violence même si plusieurs d'entre eux ont été détraqués et condamnés sous peine de mort, notamment en juin 2005 et en février 2007. Concernant l'effectif total des BR, on comptait une cinquantaine de cadres entourés de 1 523 membres et proches pour former le groupe en 1981. Mais, c'était à cette période qu'une division a eu lieu au niveau des Brigades rouges, pour donner un clan du nom de BR-PCC (Parti communiste combattant) et un autre qui se fait appeler BR-UCC (Union communiste combattante). Il est à noter que ces deux entités sont devenues des organisations concurrentes. Malgré cette section au sein des BR, leurs techniques d'infiltration au sein de certaines branches des services secrets italiens ne sont pas encore décelées jusqu'à ce jour.

Le Dimanche 23 Novembre 2008 à 09:50
Article écrit par suzi ()


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