Le « bec de lièvre », également appelée « fente labiale », désigne une malformation au niveau de la bouche, et qui survient généralement dès le stade foetal. Il se définit plus concrètement par l'apparition d'une fente sur la bouche, qui commence sur la lèvre supérieure et va jusqu'au nez. C'est la forme ainsi créée qui a donné le nom de bec de lièvre. Scientifiquement, cette malformation peut être associée à deux causes différentes : la fente dite « labiale » et la fente « palatine ».
La « fente labiale » se crée lorsque le « mésenchyme faciale », un tissu qui se développe au stade embryonnaire, ne fusionne pas, ce qui fait que la lèvre supérieure du foetus manque de substance. Quant à la « fente palatine », elle survient lorsque la voûte buccale ne possède aucune substance. La bouche et le nez du futur bébé communiquent alors. Dans tous les cas, il y a plus de risque de fente labiale que de fente palatine. Si cette malformation congénitale est souvent psychologiquement traumatisante pour les parents, et néfaste à l'enfant, elle peut également causer à celui-ci d'autres problèmes de santé si il n'y a pas de soins adéquats. Un bébé qui est né avec un bec de lièvre « avale » beaucoup plus d'air par sa bouche, ce qui exposerait son système respiratoire à de nombreuses infections. De même, son pharynx et sa voûte nasale risquent de s'infecter à cause du passage d'une partie des aliments qu'il avale dans ses « trompes d'Eustache » et dans son nez. Mais quelles seraient les causes de cette malformation qu'est le bec de lièvre ? D'ores et déjà, on peut dire qu'elle ne peut être généralement assimilée à une origine génétique, cette dernière représentant seulement 3 % des cas.
Un cas de bec de lièvre héréditaire ne peut malheureusement pas être réparé. Par contre, son origine peut aussi être attribuée à un manque d'acide folique pendant la grossesse. Si la future mère veut réduire au maximum le risque que son bébé ait un bec de lièvre à la naissance, elle peut prendre, durant sa grossesse, un supplément d'acide folique, que ce soit par la prise de médicaments spécifiques ou par le biais des aliments. Que faire quand un bébé naît avec un bec de lièvre ? La
chirurgie semble être la solution la plus préconisée.
Si le médecin traitant peut effectuer cette opération, une
chirurgie esthétique peut s'avérer également nécessaire pour faire en sorte que les séquelles ne soient pas trop visibles. La « dermopigmentation » est la technique la mieux appropriée pour cela. L'intervention chirurgicale ne s'effectue pas dès la naissance, et les résultats ne s'obtiennent qu'après deux ans de traitements successifs et complémentaires dans la plupart des cas. Lors de l'opération, le médecin a recours à l'une des deux options suivantes : soit il met en place un matériau en plastique au niveau de la fente pour la boucher, soit il « recoud » les tissus. L'intervention dure au maximum 2 heures, quand elle s'avère compliquée. Toutefois, pour la première solution, le dentiste devra aussi intervenir pour un résultat acceptable.
Après l'opération, un suivi s'étalant sur une période comprise entre 3 semaines et 1 mois est nécessaire. Plus tard, d'autres suivis médicaux devront être effectués pour qu'il n'y ait pas trop d'effets psychologiques sur l'enfant. Aussi, dès que celui-ci commence à parler, il faut l'emmener chez l'
orthophoniste pour améliorer sa phonation, qui risque d'être affectée, notamment au niveau de l'articulation du langage et au niveau de la voix. Autre effet qui peut survenir, c'est la malocclusion.
Cette dernière se rencontre surtout chez les nouveaux-nés qui ont une fente labial ayant touché l' « os alvéolaire » au niveau de la gencive, et chez ceux qui ont une fente palatine. Il faut dans ce cas suivre une orthodontie pour éliminer au mieux ses conséquences. Même après l'opération chirurgicale, il se peut que l'enfant se sente mal dans sa peau de par sa différence. Un suivi psychologique assuré par le spécialiste sera alors le bienvenu pour le mettre plus en confiance et lui apprendre à vivre avec sa différence. Quoique le bec de lièvre soit classé dans la famille des maladies rares, de nos jours, nombreux sont les moyens mis en oeuvre pour réduire au mieux le fardeau des enfants qui en sont atteints, et aussi aider les parents à prendre en charge les traitements qui s'imposent.
Dans la plupart des pays, les structures médicales, ainsi que tous les traitements et suivis complémentaires, sont désormais à la portée de toutes les bourses.