Ils se nomment Adrien, Félix et Karim : ce sont eux les fameux BB Brunes qui depuis quelques temps envahissent les ondes de nos radios. Ils font partis des leaders de la nouvelle scène française des « teenagers rock » : ces jeunes gens qui sortis de leur salle de classe préfèrent gratter sur leur six cordes plutôt que sur leur cahiers. Et à l'écoute du résultat, on ne peut que les approuver. Dès leur premier single, ils annoncent la couleur : « Le Gang » joue du rock et le crie haut et fort. Leur premier opus « Blonde comme moi », commercialisé l'an dernier, confirme les débuts prometteurs des trois garçons. Les BB Brunes, tout juste sorti du lycée, commancent à faire parler d'eux et le succès ne se fera pas attendre longtemps. La recette est simple, encore faut-il savoir l'appliquer convenablement : des riffs simples plaqués sur des accords basiques, servis par un son assez « sec » et des guitares vintages dépouillées de tout effet superflus, associés à des textes efficaces et très accessibles, à la limite même de la naïveté, mais dont les mots accrochent parfaitement la rythmique.
Ajouter à cela trois jeunes musiciens charismatiques, débordants d'énergie et revendiquant des influences telles que les
Clash, les
Strokes, les Libertines, les Kills,
David Bowie ou encore
Serge Gainsbourg, et le tour est joué. Mais d'où sortent-ils ces trois parisiens dont l'ascension fulgurante semble les surprendre plus que nous ? Pour le savoir, une petite rétrospective s'impose. A tout juste onze ans, Adrien tâte pour la première fois le manche d'une guitare sèche.
Cette rencontre, souvent décisive pour bon nombre de musiciens, a marqué Adrien qui l'évoquera d'ailleurs dans plusieurs interviews. Très vite, il commence à composer ses propres morceaux et se met à chanter. Dans la foulée, il s'associe à Raphaël et Karim, deux de ses amis qui s'initient à la guitare et à la batterie afin de former un premier groupe nommé « Hangover ». Leur orientation musicale semble déjà toute tracée. Ainsi, des l'âge de douze ans et fort d'une précocité artistique qui leur fut bénéfique, ils enchaînent les concerts, la plupart s'effectuant à même les trottoirs de la capitale. Deux de leurs compos seront d'ailleurs reprises quelques années plus tard par les BB Brunes : il s'agit de « Summers Days » et « You belong to me » que l'on trouve actuellement sous forme de demos. Les Hangover enregistrent ensuite une maquette que l'un de leur camarade de classe fait écouter à son père. Celui-ci se trouvant être Claude Sitruk, ancien chanteur des « Costards », venant de lancer son label Kurtis Production et qui s'intéresse alors beaucoup à leur musique. Par la suite, Raphaël quitte le groupe et c'est Félix avec sa stratocaster qui prend désormais sa place.
Pour marquer ce changement de composition, le groupe décide se trouver un nouveau nom : ainsi sont nés les BB Brunes. Le nouveau trio donne son premier concert au Gibus, il y a trois ans exactement et enregistre un premier album, aujourd'hui disque d'or. Leur notoriété s'accroît à une vitesse remarquable et ils affichent complets dans presque toutes les salles où ils se produisent. Parmi leurs prochaines dates, on peut noter celle du Zénith de Paris le 6 novembre prochain, qui sera pour ces jeunes musiciens une véritable consécration.
Cet été, on pourra également les retrouver au programme du très populaire festival des
Vieilles Charrues de Carhaix. Ils ont déjà annoncé qu'ils présenteront, lors de leur tournée 2008, cinq de leur nouvelles chansons, a paraître sur leur prochain album prévu pour mars 2009, à savoir : « Try your knees », « le Cavalier Noir », « Seul ou accompagné », « Bouche Bée » et « Le Ska ». Simultanément, le groupe continue à participer à des émissions musicales telles que « Tararata ». On peut également citer leur plus controversé apparition à la « Star Académie », qu'ils justifient à juste titre comme une nécessité lié à leur position actuelle. Les BB Brunes sont en effet de plus en plus plébiscité par le petit écran et cette médiatisation indissociable de leur promotion ne semble pas vraiment les emballer. En effet, Adrien déclare que leur maison de disque « les obligent à faire ce genre de chose » et que « quand on vous dit que si vous ne faites pas ce genre de passage à la télévision, on ne veut plus travailler avec vous, on se sent un peu obligés d'y aller » et de même Félix affirme : « après notre passage à Star Académie, on a vendu plus de disques, parce que ça marche comme ça aujourd'hui ». Des jeunes musiciens talentueux et lucides, qui sont en train d'acquérir une nouvelle maturité qui se fera très certainement sentir dans leur prochain opus, attendu par la critique de la nouvelle scène rock française et par leurs fans avec impatience.