Près d'un an après l'attaque-surprise des Japonais à
Pearl Harbor (décembre 1941), les Japonais progressèrent dans le Pacifique Sud afin de rendre plus difficiles les communications maritimes entre les Alliés (notamment entre les Américains et les
Australiens). En effet, les îles Salomon, situées au nord-est de l'Australie étaient alors une possession britannique et Guadalcanal était la plus grande île de l'archipel.
Par ailleurs, le
Japon avait aussi une grande base militaire dans l'extrême nord de la chaîne en Papouasie-Nouvelle Guinée mais qui était trop éloignée pour être efficace pour les avions. Voulant faire de Guadalcanal une base stratégique majeure, les Japonais débarquèrent dans l'île en juillet 1942 et commencèrent à l'occuper en construisant un aérodrome destiné aux bombardiers. Les Alliés ne l'entendirent pas de cette oreille d'autant plus que Guadalcanal pouvait servir de base d'opérations contre la marine impériale japonaise installée à Rabaul. Une première division de Marines américains débarqua donc à Guadalcanal le 7 août 1942 près de la rivière Tenaru. Les Japonais sur place furent complètement surpris par ce débarquement d'autant plus qu'il ne s'agissait pas de soldats entraînés mais plutôt de personnel du génie chargé de construire un aéroport sur la pointe de Lunga. L'opération fut donc très facile pour les Marines et la base japonaise fut vite abandonnée par les Japonais qui laissèrent sur place beaucoup de matériels. Évidemment, les Américains s'en servirent pour terminer l'aérodrome, baptisé Henderson.
Cependant, les premiers jours furent difficiles : en effet, l'opération avait été décidée rapidement et un équipement minimum ayant été emmené. En outre, l'Amiral Turner, décida de retirer les cargos le 9 août sans avoir déchargé tout le ravitaillement. Parallèlement, les Japonais avertis de ce débarquement, lancèrent une offensive à Savo et remportèrent la victoire. Sur place, à Guadalcanal, les Marines américains se retrouvèrent dont isolés et ne purent que protéger le périmètre immédiat de l'aérodrome de Henderson.
Pendant ce temps, les navires japonais qui ne trouvaient aucun opposant sur place, en profitaient pour bombarder copieusement l'île de Guadalcanal aidés aussi par des bombardiers venant de Rabaul. Malgré tout, les Marines réussirent à achever l'aérodrome. Ainsi, le 20 août, 19 chasseurs et 12 bombardiers légers purent atterrir et à la fin du mois, ce furent plus de 60 avions qui occupèrent Henderson. Entre-temps, les Japonais débarquèrent plus à l'Est le 18 août et deux jours plus tard, une offensive fut lancée à travers les bancs de sable de la rivière Tenaru. Ce bataillon d'environ 900 hommes fut littéralement taillé en pièces par les Marines plus nombreux. Les Japonais n'en restèrent pas là et l'Amiral Yamamoto décida d'envoyer des renforts à Guadalcanal lors de l'opération baptisée « Ka-Go ». Pourtant, entre-temps, les Américains étaient revenus dans les îles Salomon.
Une première bataille eut lieu les 24 et 25 août sans que les renforts japonais ne puissent débarquer. Échaudés, les Japonais firent preuve de prudence et les débarquements eurent lieu la nuit. Ainsi, quelque 1 200 Japonais arrivèrent à Guadalcanal jusqu'au 31 août dans le plus grand secret à l'Est de la position des Marines. Les soldats japonais se déplacèrent vers le sud de l'aérodrome d'Henderson. Onze jours plus tard, près de 6 000 Japonais entreprirent une offensive pour reprendre l'aérodrome. Ce sera la bataille d'Edson qui se déroulera sur une côte durant trois jours.
Les Japonais furent repoussés en laissant derrière eux 1 500 morts par rapport à une trentaine de victimes côté Américain et une centaine de blessés. Par la suite, grâce à des renforts américains, les Marines prirent l'offensive en établissant des positions défensives et une première attaque eut lieu qui fut repoussée par les Japonais. Une autre eut lieu le 7 octobre et cette fois, les Marines élargirent leur périmètre vers l'Ouest. Quatre jours plus tard, la marine américaine gagna enfin des batailles au large des îles Salomon en empêchant le débarquement d'autres renforts japonais. D'autres forces américaines débarquèrent à Guadalcanal le 13 octobre tandis que la marine japonaise bombardait l'aérodrome qui fut bien endommagé. Il fut pourtant remis en service. Une semaine plus tard, les Japonais étaient 22 000 sur l'île.
De nouveaux assauts eurent lieu provoquant des pertes terribles pour les Japonais (3 000 soldats contre 500 Américains). La flotte japonaise était quant à elle repoussée. Après avoir perdu du ravitaillement et du matériel, les Japonais envisagèrent de quitter les lieux mais les actions se poursuivirent en novembre. Finalement, en décembre, d'autres forces américaines arrivèrent et sur l'île de Guadalcanal se trouvaient 60 000 soldats américains contre 8 000 Japonais repoussés au nord de l'île.
Entre-temps, il faut dire que 9 000 soldats Japonais avaient perdu la vie lors de batailles ou de maladies diverses. Une dernière offensive américaine reprit le 10 janvier 1943. Cette fois, c'en était fini et les Japonais durent évacuer les lieux. Ces six mois de combats lors de la bataille de Guadalcanal coûtèrent la vie à 24 000 Japonais contre 6 000 Américains. Il ne restera aux Américains qu'un seul porte-avion, l'Enterprise mais la mise en route d'un programme d'armements aux
Etats-Unis allait bientôt porter ses fruits et les Alliés allaient peu à peu reconquérir des territoires pour finalement gagner la guerre du Pacifique.