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Bataille de Camaret : c'est quoi ?






Le port de Brest ayant été décrété port militaire par Richelieu, le Roi désigna Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban, pour inspecter l'endroit afin de découvrir son point faible et organiser sa défense. Vauban avait constaté qu'il fallait renforcer la rade de Camaret en y construisant une batterie. Elle comporterait 5 pièces de canon qu'une tour remarquable soutiendrait. Elle aurait 11 pièces d'artillerie et deux étages à meurtrière. Il avait entamé les travaux en 1689 et les Anglais, avertis par leurs espions, comprenaient le pourquoi de ce qui était en train de se réaliser. A partir de ce moment-là, ils décidèrent d'aller détruire la tour en préparant une attaque militaire ayant pour objectif le port de Brest. Louis XIV, Roi de France, mis au courant du complot, nomma Vauban à la tête de toutes les forces armées françaises dans la province de Brest. Seulement, celui-ci ne disposait que de 265 canons, 17 mortiers et 1300 hommes pour défendre la ville. Tandis que les Anglais se préparaient intensément à Plymouth, Vauban, de son côté, travaillait la défense de Camaret et de la baie de Douarnenez pour éviter tout débarquement des troupes ennemies.


Puisque Tourville avait quitté Brest pour mener sa flotte à côté de Barcelone, le port était ainsi vidé de ses hommes. Le Prince d'Orange croyait donc qu'il serait facile à la flotte anglo-hollandaise d'envahir et de conquérir le port. D'ailleurs, les hommes sur qui Vauban pouvait compter étaient constitués par les Compagnies de Gardes de la Marine, les hommes de la noblesse de Cornouailles, le régiment de cavalerie du Plessix à Châteaulin et les milices garde-côtes. Ces derniers avaient pour mission de défendre les côtes en y exerçant des tours de guet.


A la tête de son armée navale, Lord Berkeley était sur la mer de l'Iroise, à mi-chemin entre Bertheaume et le Toulinguet le matin du 17 juin 1694. Sa troupe était composée de quelques 36 vaisseaux de guerre, de 80 navires occupés par environ 8 000 hommes et de 12 galiotes à bombes. Tout était prêt pour livrer bataille à Brest avec l'espoir de remporter sans difficulté la guerre. Les échanges de tirs avaient tout de suite commencé mais les attaques françaises ne pouvaient pas atteindre les bâtiments anglais étant donné qu'ils se trouvaient encore assez loin de la côte. La force coalisée préparait une demi-douzaine de frégates et quelques vaisseaux pour accomplir son dessein. Mais ceux-ci ne pouvaient mener à bien ce projet car un brouillard épais se levait au petit matin du 18 juin. Il fallait aux anglo- hollandais attendre qu'il se dissipa pour commencer la bataille. L' Amiral Berkeley et le Lieutenant-Général Talsmash étaient à la tête de la flotte. Cette bataille fut des plus sanglantes car ceux qui attaquaient la tour furent accueillis par les tirs nourris des hommes de Vauban, de sorte qu'un bâtiment coula et un autre fut obligé de se rendre. Le Marquis de Carmathen dirigeait ces attaquants.
bataille de camaret


Sur un autre front, sur la plage de Trez-Rouz, 200 chaloupes avec 1300 hommes débarquaient mais les Français les attendaient et leur tiraient dessus sans ménagement. Des centaines d'hommes succombaient à ces attaques et le sang coulait à flot sur la plage. La force des coalisés fut contrainte de se replier. Cependant, elle avait déjà perdu quelques 800 hommes et plusieurs grands navires étaient détruits. Des dizaines de chaloupes furent laissées sur la plage à cause de la marée basse et le reste de la flotte avait pris la fuite en reprenant la mer. Un grand nombre de combattants furent blessés et faits prisonniers dont une dizaine d'officiers. Ce fut une défaite plus que cuisante pour Guillaume III et son armée. Sur le chemin du retour, la flotte ennemie, pour se venger, bombarda quelques ports français, notamment Dieppe et Le Havre. Elle avait attaqué également Dunkerque et Calais mais ces derniers ne subirent que des dégâts mineurs. De leur côté, les Français n'avaient recensé que quelques dizaines de blessés dont 3 officiers. Les Carmaretois avaient pris une grande part dans la victoire de la troupe française, même s'ils n'avaient que leurs fourches, leurs faux et leurs bâtons comme armes de guerre. Le Roi, en leur honneur et pour les récompenser, donna à Camaret le titre de ''Gardienne du littoral armoricain'' et dispensa la population de payer les impôts sur chaque feu. Plus tard, lorsque l'Intendant de Bretagne voulut leur faire repayer ces impôts, ils lui montrèrent la décision royale du 23 décembre 1697.

Le Lundi 20 Juillet 2009 à 10:34
Article écrit par filou


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