L'Histoire de ce monde a été marquée par des crimes par empoisonnement. La bague à poison y a joué un rôle très actif. Aujourd'hui encore, elle hante notre imaginaire. La bague à poison comporte une cavité secrète dans laquelle on pouvait glisser du poison en poudre ou un aiguillon que le propriétaire pouvait faire jaillir en faisant basculer le chaton. La poudre est ainsi versée dans la nourriture liquide ou consistante, de celui qu'on veut atteindre.
La fine aiguille du bijou funeste se plantait inexorablement dans la nuque lors des embrassades, dans la paume de la main lors des baisemains ou des salutations. L'anneau permettait de dissimuler le poison, tout en l'ayant sous la main, à tout moment. Démosthène, un orateur politique athénien, s'empoisonna avec sa bague quand il fut battu et exilé par les Macédoniens en 322 avant
Jésus Christ. Lors de la deuxième guerre punique, le Carthaginois Hannibal, en avait usé sur lui. Il absorba le poison que sa bague contenait, alors qu'il fut sur le point d'être capturé, afin de trouver la liberté dans la mort, cela s'est passé en l'an 183 avant Jésus Christ,. Et tout cela à cause du pouvoir et de la politique. Au fil des temps, la bague creuse à poison, devint une arme de crime. On dit que le poison est l'arme des faibles et des femmes. Mais c'est une arme silencieuse et facile d'usage. Les Souverains et leur cortège, dans tous les coins du globe, et à travers toutes les époques qui se sont succédées, les Seigneurs, et jusqu'à l'Eglise l'utilisaient pour assouvir quelques mauvais desseins.
Les crimes politiques pour détenir plus de pouvoir, les coalitions et les mésalliances pour vaincre des ennemis communs, les manoeuvres dilatoires qui visent à déstabiliser les adversaires, la trahison envers un proche, la vengeance et le châtiment afin de laver une offense, l'ambition parfois démesurée, la nécessité politique pour cesser une guerre, et l'intérêt personnel afin d'asseoir le rang dans le macrocosme du pouvoir, tout était prétexte à user du poison et notamment celui contenu dans la bague à poison.
Les livres d'histoire ou les romans foisonnent de détails croustillants rapportant les hauts faits des dignitaires sur ce sujet. Les cas de détention se réglaient au
suicide par ingestion du poison, comme ce fut le cas d'Hannibal. Mais maintes fois, ce fut sans l'accord du détenu, c'est-à-dire une élimination ou un meurtre. César Borgia, fils du pape Alexandre VI, détenait une telle bague. Elle comportait 2 têtes de lions. S'il voulait se débarrasser de quelqu'un dans son entourage, il tournait le bijou et gardait les têtes de lions dans sa paume, tournait le chaton et serrait la main de la personne. Une fine aiguille blessait la main de cette dernière, qui mourrait après quelques temps, sans pouvoir rien faire. Dans la cour des monarques et des grands de ce monde, les actes criminels se succédaient et ne se ressemblaient pas. Pour accéder au trône, les fils tuaient, devenaient parricide ou matricide par vengeance ou par ambition. Les intrigues dominaient pour supplanter les potentiels héritiers aux trônes. Et pour se débarrasser des rivaux, rien de telle qu'une dose de poudre de poison pour être tranquille.
Les passions amoureuses décimaient les rangs des favoris, qui s'empoisonnaient à qui mieux mieux, pour être les seuls à profiter des faveurs royaux, tout en évitant de se faire prendre d'où l'usage des poisons : ni vu, ni connu. Les serviteurs aidaient leurs maîtres à accomplir leurs funestes projets, et devenaient ainsi des messagers de la mort. Tout le monde y allait à coup de bague magique pour atteindre son objectif. L'histoire des peuples était truffée de ce genre de mélodrame qui profitait aux uns aux détriments des autres.
Aujourd'hui, devenu objet de collection, la bague à poison a gardé tout son mystère d'antan. Elles sont devenues porteuses de messages, emplacements de mini photos, ou d'autres objets miniaturisés qu'on désire cacher aux yeux de tous. D'autres, servent d'emplacements pour des médicaments ou des ampoules de cyanure pour les espions. Est-ce la réalité ou une fiction concoctée par les auteurs de romans en veine d'écritures à sensation ? En tout cas, elles sont très convoitées car elles sont très rares.