Autopsie : procédés et législation


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La télévision nous montre souvent ces médecins d'un genre un peu particulier : leurs patients sont tous décédés. NCIS, les Experts, Bones : les médecins légistes intriguent ! La médecine légale s'occupe des autopsies, c'est-à-dire de l'examen médical du cadavre, des victimes de crime comme on le voit dans ces séries, mais également de toutes les morts dont il y a un intérêt à rechercher la cause, comme celle d'un bébé mort-né (y a-t-il un problème génétique ? Le cordon s'est-il enroulé ?



), quand la cause de la mort de ce patient, hospitalisé pour un diagnostic quelconque, n'est pas évidente, etc. Evidemment, tous les médecins qui pratiquent des autopsies ne font pas partie de la police scientifique, qui n'est compétente que pour les morts violentes et suspectes. Le mot « autopsie » vien du grec et signifie « voir par soi-même ». Ce terme peut être remplacé par necrospie (voir la mort) ou même tout simplement par examen post-mortem. L'autopsie a permis à la médecine de faire des progrès incommensurables en permettant de découvrir comment fonctionne un corps (la présence des organes, etc.) : les étudiants en médecine d'aujourd'hui utilisent encore cette technique d'apprentissage (sur des corps donné à cet usage - il s'agit d'un choix). Autrefois, l'Eglise interdisait la pratique de l'autopsie, et ce sont des hommes comme Léonard de Vinci qui, en bravant l'interdit, ont rendu d'immense service à la science. Le déroulement d'une autopsie est un rituel bien réglé, dont l'objectif sera de ne passer à côté de rien. Le médecin ouvre le corps, généralement à l'aide d'une longue incision du cou jusqu'au pubis, et en extrait les viscères, qui sont examinés avec soin (poids, état général, lésions, etc.


) et qui subissent parfois des examens de laboratoire d'anato-pathologie ou d'histologie. Seln les circonstances et les préférences du médecin, il pourra opter pour une incision en Y : celle-ci part des épaules (il y a donc deux incisions) puis se rejoint en une seule coupure jusqu'au pubis, formant un Y. Outre l'examen des organes thoraciques et abdominaux, le cerveau est lui-aussi mis sous la lampe du médecin.


autopsie
Pour l'extraire, le médecin effectue une ablation du cuir chevelu, autrement appelé le scalp, puis utiliser une petite scie circulaire pour ouvrir la boître cranienne, en prenant garde à ne pas abîmer le cerveau lui-même. Il est rare que d'autres parties du patients subissent ces dissections : généralement la face et les membres sont entièrement préservés. Une fois l'étude des organes du défunts terminés, ceux-ci sont remis en place. Le cadavre est ensuite recousu le plus soigneusement possible pour permettre les funérailles du défunt : le corps est remis en état le mieux possible par respect de la personne décédée et de ses proches. Les services de pompes funêbres travailleront à rendre le défunt encore plus présentable comme à l'accoutumée. Un rapport d'autopsie est établi par le médecin ayant pratiqué l'examen.


Celui-ci mettra en lumière la cause principale du décès, ainsi que les éventuelles causes indirectes, mais aussi l'état de santé de la personne avant son décès ou d'autres informations comme la bonne ou mauvaise indication des éventuels traitements. Les autopsies sont pour ainsi dire automatiques dans le cas de décès de bébé avant leur naissance, que ce soit spontanément ou par interruption médicale de grossesse - interruption de grossesse proposée aux parents par un collège de médecins quand une malformation du foetus est avérée et empêchera qu'il vive plus de quelques jours ou qu'il vive correctement, par exemple. Ces autopsies permettent d'expliquer ou de confirmer l'explication du décès du petit patient et d'informer au mieux les parents sur les risques de récidive et la conduite à tenir lors d'une prochaine grossesse. Dans le cas d'une enquête judicière, la médecine légale donnera des conclusions qui aideront les policiers. La législation en matière d'autopsie est très précise et dépend du type pratiqué (médico-légal ou scientifique). Dans la plupart des pays, il faut l'accord de la famille pour pratiquer une autopsie à but médical (en dehors d'une enquête judiciaire, donc). En France, l'autopsie des bébés morts in-utero, l'autopsie foetale, est un cas particulier : l'accord des parents est nécessaire si l'on ne recherche pas uniquement les causes du décès. La famille doit également être informée des prélêvements effectués. Dans tous les cas, la législation est très claire : il faut une restauration décente du corps.

Le Jeudi 05 Mars 2009 à 10:30
Article écrit par Jonathan ()


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