Les généticiens et les médecins explorent de nouvelles pistes pour comprendre et soigner l'autisme. Enfants aux jeux étranges, adultes murés dans leur monde, génies du calcul ... on compte aujourd'hui en
France, près 100 000 autistes et malades d'Asperger. C'est dire qu'environ un enfant sur mille est atteint d'autisme, et cinq fois plus si l'on considère les troubles apparentés comme le syndrome d'Asperger et les « troubles envahissants du développement non spécifiés ».
Le trouble de l'autisme se définit par un
retard dans l'acquisition du langage , du jeu symbolique ou imaginaire, ou des interactions sociales avant l'âge de trois ans. Les enfants qui sont atteints de l'autisme progressent différemment. S'ils sont aidés, la moitié des enfants autistes parleront et entre 5 et 10% deviendront autonomes. Contrairement au trouble de l'autisme, le syndrome d'Asperger n'est pas associé à un retard du développement du langage. Ce qui ne veut pas dire que les personnes qui présentent ce syndrome parlent un langage standard. Ce qui est sûr c'est que les autistes ont tous en commun une expérience sensorielle différente du monde qui les entoure. Leurs réactions et leurs jeux surprennent. En fait, la perception des autistes serait modifiée parce que leur attention se porterait d'une autre manière sur leur environnement. Des expériences ont montré qu'ils regardent les cheveux ou le menton de leur interlocuteur alors qu'un individu « standard » ou « neurologiquement typique » est attentif aux yeux et à la bouche. Résultat : l'émotion du regard leur échappe et ils ratent toute la communication non verbale. Le cerveau des autistes percevrait les modifications plus vite que la normale.
Probablement parce que les régions cérébrales qui gèrent leurs ressources attentionnelles fonctionnent différemment. Du coup, les enfants atteints d'autisme sont « anormalement réceptifs au changement ». Cela peut expliquer pourquoi ils sont si attachés à des routines ; un rien les déstabilise. Les détails prennent à leurs yeux une importance considérable. Les personnes autistes traiteraient chaque information sans unifier leur perception pour leur donner un sens.
D'ailleurs, la plupart des autistes ne sont pas capables d'extraire un élément de son contexte : ils perçoivent chaque paramètre d'une situation d'apprentissage-temps, lieu, personne et objet dans leur environnement-, sans pouvoir les adapter à une autre situation. Bref, ils ont une autre manière d'appréhender le monde. Ces différences sont alors parfois handicapantes, ou simplement porteuses d'une autre manière d'appréhender le monde. Le mot autisme (du grec "autos", soi-même) est aussi associé à l'incapacité d'un enfant à établir des contacts affectifs avec son entourage. La preuve d'une origine biologique a été apportée par les gènes. En 2003, une équipe de l'Institut Pasteur a découvert deux gènes associés à des troubles autistiques situés sur le chromosome : NLGN 3 et 4. L'imagerie médicale a révélé des anomalies anatomiques.
En 2006, d'autres gènes ont été identifiés comme responsable de cas d'autisme : ce sont les SHANK3 et NRXN1 sur les chromosomes 22 et 2. Un nouveau gène a été identifié en mai 2007 (ASTM) expliquant en partie les
troubles de sommeil. Si on constate un dysfonctionnement dans certaines zones cérébrales chez les autistes, ces derniers peuvent tout de même apprendre. Il suffit de trouver la méthode pour tout leur enseigner, même ce qui ne s'apprend pas.