L'arthroscopie est une technique de chirurgie découverte au
Japon et connue en Europe grâce au docteur Henri Dorfmann. Elle donne la possibilité de procéder à des prélèvements, de pratiquer des petits actes chirurgicaux ou de seulement voir les articulations. Elle se pratique en salle d'opération sous anesthésie générale, locorégional ou sous péridurale. L'arthroscope est un tube de quelques millimètres de diamètre, équipé d'un système optique ainsi que d'un système d'éclairage, avec une caméra vidéo, reliée à son tour à un écran de télévision couleur.
Deux petites incisions seront effectuées sur le patient lorsque l'on pratique l'arthroscopie : l'une d'entre elles servira pour insérer l'arthroscope et l'autre est destinée pour les minis outils chirurgicaux. Plusieurs sont les affections des articulations pouvant être traitées en faisant appel à l'arthroscopie, si l'on ne cite que le ménisque à recoudre ou à enlever, les ligaments à renforcer, le cartilage à remodeler ainsi que les corps étrangers à éliminer. On peut utiliser l'arthroscopie pour deux types d'interventions : l'arthroscopie pour diagnostique et l'arthroscopie chirurgicale. L'arthroscopie diagnostique ne se pratique que très rarement. En effet, actuellement, il y a différentes méthodes de diagnostic telles que la
radiographie, l'
IRM ou le
scanner, qui sont des méthodes très fiables. On opte pour l'arthroscopie, en dernier recours, dans le cas où les résultats reçus des autres examens ne sont pas satisfaisants ou lorsque le praticien a des doutes sur ces résultats. L'arthroscopie permet de voir la cavité articulaire, les ménisques internes et externes, les cartilages, la membrane synoviale et les ligaments croisés.
L'arthroscopie chirurgicale est utilisée dans le but de pratiquer des interventions relevant de la
chirurgie, sans obligation d'ouvrir l'articulation affectée. En effet, pour cette opération, les instruments utilisés, sous une forme miniature et de hautes précisions, seront insérés dans l'une des incisions et le chirurgien peut suivre ce qui se passe à l'intérieur du corps du patient par le biais de l'écran.
En arthroscopie, on peut, à titre d'exemple, pratiquer une ablation complète ou partielle de ménisque, régulariser un cartilage hypertrophié, fissuré ou irrégulier, effectuer une ablation complète ou partielle de synoviale. Elle est également utilisée pour des interventions plus lourdes comme dans le cas de certaines fractures. L'arthroscopie est aussi une bonne méthode si on veut éliminer les corps étrangers tels que des fragments osseux ou cartilagineux. L'arthroscopie, comme toutes interventions, comporte des risques malgré toutes les précautions prises avant l'acte. Aussi, peut-elle parfois être à l'origine de certaines complications mais cela arrive moins souvent que dans les autres interventions chirurgicales. Au moment même de l'intervention, il pourrait survenir en premier lieu, les complications anesthésiques mais ce type de complication peut arriver dans toutes les opérations chirurgicales. En deuxième lieu, il pourrait y avoir des complications locales comme les complications vasculaires, se traduisant par la blessure inopinée de l'artère ou de la veine. Cela ne survient que dans 0,003 % des cas.
Parmi les complications locales au cours de l'intervention, on peut aussi citer les complications nerveuses engendrant des fourmillements qui disparaîtront avec le temps, si les petits rameaux nerveux qui se trouvent sous la peau au niveau de la cicatrice ont été touchés. Il se pourrait également que les instruments se brisent au cours de l'opération du fait qu'ils sont fragiles mais cela n'arrive que très peu souvent. D'autres complications peuvent apparaître après l'opération.
On peut citer par exemple, les complications thrombo-emboliques, ne se manifestant que dans 0,12 % des cas mais peuvent engendrer des
embolies pulmonaires mortelles dans 0,003 % des cas. Un épanchement sanguin dans l'articulation peut aussi apparaître dans 0,5 % des cas. Il s'agit d'une hémarthrose, nécessitant une ponction et parfois un lavage. En outre, une tuméfaction pourrait apparaître sur la cicatrice, mais elle se guérit la plupart du temps sans aucun besoin de traitement dans certains cas toutefois, une excision chirurgicale pourrait s'avérer nécessaire. L'intervention par la pratique de l'arthroscopie n'est pas toujours une réussite. Il faut, en effet, prendre en compte de nombreux facteurs, tels que l'âge du patient, la gravité de l'affection, son ancienneté, etc.... Ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que l'échec est commun à tous les genres de traitement, mais le point fort de l'arthroscopie est qu'on peut très bien soigner la plupart des complications qu'elle engendre et qui ne se manifestent pourtant que très rarement.