Cette collection riche dès 1948 de deux mille pièces trouve successivement divers lieux d'accueil (Galerie Drouin,
éditions Gallimard, demeure d'Ossorio aux
Etats-Unis), mais son accès reste réservé (sur rendez-vous), à des visiteurs particulièrement motivés. En 1967, se tient au musée des Arts décoratifs de
Paris, une importante exposition présentant une sélection de sept cent oeuvres d'art brut, à la suite de laquelle Jean Dubuffet sollicite, de l'Etat français, un statut de fondation permettant l'ouverture de la collection au public. L'inertie des autorités l'amène à se tourner vers la
Suisse où il découvrait après guerre, Wölfli ou Aloïse. C'est finalement au château de Beaulieu qu'est inauguré en 1976 un musée de l'Art brut, dont la collection s'enrichit régulièrement (quinze mille oeuvres en 1990, pendant que son conservateur Michel Thévoz assume conjointement avec Jean Dubuffet) puis seul après la mort de ce dernier en 1983, le rôle de théoricien et défenseur de cet art «d' irréguliers».