L'antisémitisme est le nom donné à la discrimination, l'hostilité ou les préjugés à l'encontre des Juifs. Le mot « antisémite » a été utilisé une première fois en 1860 par l'intellectuel autrichien et juif, Moritz Steinschneider. Mais c'est en 1879, que le journaliste allemand Wilhelm Marr invente vraiment le terme « antisémitisme », à l'occasion de la fondation d'une « ligue antisémite ».
On peut considérer que l'invention de ce terme correspond au passage de l'anti
judaïsme historique à une vision « plus moderne » qui fonde sa théorie sur une discrimination raciale plutôt que sur une base religieuse. L'eugénisme nazi poussera cette forme de racisme à son paroxysme, allant jusqu'à une extermination systématique des Juifs dans des camps de concentration. Le peuple hébreu a toujours connu une oppression. La première manifestation a lieu, au 3ème siècle avant
Jésus-Christ, en
Egypte, où les juifs devaient faire face à une grande hostilité envers leur religion. Dans l'
Antiquité, l'anti judaïsme s'est surtout exprimé par l'écrasement de la Judée par Titus lors de la première guerre judéo-romaine. Par la suite, au sein de la chrétienté, l'anti judaïsme fut relayé par la religion chrétienne officielle qui véhiculait l'idée que les juifs étaient responsables du supplice de Jésus Christ. Au Moyen Âge, de nombreuses professions leur étaient interdites comme par exemple les fonctions administratives. Ils ne pouvaient pas posséder ou cultiver la terre..
La communauté hébraïque a du se résoudre à s'orienter vers des métiers interdits aux chrétiens d'Occident et aux musulmans, en pratiquant notamment le prêt à intérêt, interdit à l'époque dans les autres religions. L'enrichissement qui en découla ne fit qu'accroître le phénomène d'hostilité. L'
Espagne a été à la fin du 14ème siècle, le théâtre de véritables pogroms et conversions forcées. En 1492, les Rois Catholiques d'Espagne ont expulsé tous les Juifs qui refusaient d'être convertis.
Les pogroms, que l'on peut traduire par attaque ou émeute, désignent des actions violentes préméditées, menées essentiellement contre les communautés Juives d'Europe (et parfois contre d'autres minorités ethniques, comme les Tziganes). Les pogroms, qui s'accompagnent souvent de pillages, de destructions des biens personnels et communautaires et d'assassinats, ont été ainsi nommés à partir du 19ème siècle. Toutefois des actions agressives menées contre les Juifs sont bien antérieures puisqu'on en relève à Mayence en 1096, à Berne en 1294, à
Prague en 1389, à Valladolid en 1391. Lors du soulèvement des Cosaques, entre 1648 et 1654, contre la noblesse polonaise, de nombreux pogroms ont secoué l'
Ukraine.
En
Grande-Bretagne, à la fin du 19ème siècle, l'afflux des réfugiés juifs originaires de Russie, où se multiplient les pogroms, finit par provoquer des émeutes antisémites à
Londres. A la même époque, en
France, l'
affaire Dreyfus divise le pays en deux et l'antisémitisme atteint des sommets dans la presse. La montée des idées nationalistes et racistes entre les deux guerres mondiales, va accentuer ce racisme.
En
Allemagne, le nazisme incarné par
Adolf Hitler, va institutionnaliser les pogroms et autres actes de violences anti-sémites avec la tristement célèbre « Nuit de cristal » du 9 novembre 1938. Après la
seconde guerre mondiale, la création de l'état d'
Israël en Palestine, va donner naissance à l'antisionisme qui consiste en une opposition à la constitution d'un État juif en
Palestine Outre l'antisionisme dans les pays arabes, le mouvement existe également dans d'autres pays par solidarité avec le peuple palestinien, et peut parfois donner lieu à des dérives antisémites. A noter : L'Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes (EUMC) a publié le 21 juin 2006 un rapport sur l'antisémitisme dans l'
Union européenne. L'observatoire constate que « le conflit israélo-palestinien, les activités et le discours de l'extrême droite et parfois l'extrême gauche peuvent influer les actes antisémites ».