Anti-oxydants : naturels ou pas, à quoi servent-ils ?


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Dans les années 1950, un épidémiologiste américain, Ancel Keys, établit la relation entre l’alimentation des habitants de pays du pourtour méditerranéen – l’Espagne, l’Italie, l’île de Crête – et une faible mortalité cardiovasculaire qui rallonge d’autant leur espérance de vie. Conclusion hâtive, diront ses détracteurs, dans la mesure où le mode de vie des populations étudiées, les crétois en particulier, offrait également des avantages indiscutables en matière de santé, tels qu’une activité physique importante, une faible exposition à la pollution, ou encore une consommation modérée d’alcool. En englobant d’autres pays comme la Finlande, la Hollande, la Yougoslavie et les États-Unis dans son étude, Ancel Keys a démontré que cette alimentation, dont la caractéristique principale est sa richesse en antioxydants, présentait des propriétés bénéfiques pour la santé. Les antioxydants sont des éléments nutritifs qui aident à protéger les cellules du corps des toxines appelées radicaux libres, qui sont produits par l’organisme ou provoqués par l’environnement extérieur, à l’instar de la poussière, des produits chimiques ou de la fumée de combustion.


Il s’agit principalement des vitamines A, C et E et d’oligo-éléments tels que le sélénium, le zinc, les pigments caroténoïdes, comme le bêta-carotène, le lycopène, la lutéine et la zéaxanthine ou encore les flavonoïdes qu’on trouve dans le thé, le raisin, la myrtille, le citron. Les radicaux libres entrent dans les processus de production d’énergie. Ils interviennent dans les mécanismes immunitaires, mais ils dégradent la paroi des cellules, les protéines ou l’ADN quand ils sont présents en abondance.


Le cas échéant, ils réduisent voire annihilent l'effet bénéfique des vitamines, des minéraux et autres nutriments essentiels à la santé, ce qui a pour effet de fragiliser le métabolisme. Les antioxydants captent ces radicaux pour les transformer en molécules ou en ions stables, facilitant ainsi leur élimination. De même, ils empêchent l’oxydation des graisses qui peuvent être néfastes pour les vaisseaux sanguins. En abaissant le taux de cholestérol, ils limitent le risque de maladies cardiovasculaires. On leur reconnaît, également, un rôle primordial dans la prévention de certaines pathologies comme le cancer et les maladies dues au vieillissement. Pour autant, la supplémentation en antioxydants n’est pas indispensable et peut provoquer des problèmes de santé, s’agissant d’une question de régulation et d’équilibre. C’est la raison pour laquelle il est préférable de consommer des aliments qui contiennent des antioxydants, d’autant plus qu’il existe une grande variété. On citera notamment les légumes et les fruits, dont il est conseillé de consommer 7 à 10 portions par jour, les œufs, les viandes, les poissons, les fruits de mer, l’huile de maïs, l’huile de soja, l’huile de tournesol, le beurre, la margarine et le thé.
anti oxydants


Il est recommandé de cuire les fruits et légumes avec très peu d’eau étant donné que la vitamine C se dilue dans l’eau de cuisson. Par ailleurs, la teneur en vitamine C des aliments diminue également en fonction de la durée de leur conservation, aussi il est préférable de manger des produits frais et de préférence crus. De nombreuses études ont montré l’effet préventif des antioxydants vis-à-vis de certaines pathologies, même si les modalités d’action ne sont pas définitivement établies. Ainsi, dans une série de 250 études consacrées à la corrélation entre fruits et légumes et cancer, 80% ont mis en évidence un effet protecteur de ces aliments très riches en antioxydants. Une étude réalisée en Europe au début des années 1990, portant sur un échantillon de plus d’un demi-million de personnes, a confirmé cette analyse. Une consommation quotidienne de 500 g ou plus de fruits et légumes réduirait de moitié l’incidence des cancers aéro-digestifs. A propos de la lutéine, que l’on trouve dans le jaune d’œuf, les carottes, les épinards, ou les oranges, les études effectuées indiquent qu’elle pourrait jouer un rôle bénéfique pour la santé cardiaque et le système immunitaire, en dehors de celui qui lui est reconnu pour la protection de l’œil, plus particulièrement dans la réduction du risque de cataracte. Pour leur part, la vitamine E et le bêta-carotène ont un effet réducteur important sur l’oxydation du dioxyde d’azote et de l’ozone qui peuvent être sources de troubles respiratoires par la pollution. Quoiqu’il en soit, la prudence est de mise quand on voit les excès auxquels le succès des antioxydants a pu conduire dans les tentatives de maîtrise des mécanismes fondamentaux du vieillissement. S’il est acquis qu’une alimentation saine et équilibrée est primordiale pour réduire le risque de maladies liées au vieil âge, il n’est pas prouvé que les antioxydants ont la faculté de ralentir ou de prévenir le vieillissement.

Le Lundi 26 Juillet 2010 à 15:31
Article écrit par Toli ()


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