« Baiser de l'ange, pince de la cigogne, fraise, framboise... » Ce sont les jolis noms donnés aux angiomes, ces taches sur la peau de votre bébé. Si les angiomes sont sans gravité, ils peuvent être parfois très envahissants. Il existe de nombreux types d'angiomes. Il s'agit d'une multiplication et d'une dilatation anarchique des vaisseaux et de leurs cellules avec pour conséquence l'apparition d'une masse rouge en relief ou d'une tache rosée plus ou moins volumineuse. Environ 10% des bébés sont porteurs d'angiomes.
L'angiome tubéreux (hémangiome, aspect de framboise) apparait plus fréquemment sur le visage. En revanche l'angiome plan (tache de vin) voit le jour sous n'importe quelle zone du corps. Deux angiomes très fréquents doivent être mis à part : c'est le cas de la « pince de la cigogne » localisée à la base de la nuque ou encore le « baiser de l'ange » qui siège entre les deux sourcils et touche éventuellement les paupières. Tout dépend de leur type et leur localisation. La grande majorité des angiomes tubéreux grossissent de façon variable et imprévisible, se stabilisent et... disparaissent. Les angiomes plans quant à eux persistent au cours de la vie et peuvent parfois s'épaissir. On ne sait toujours pas pourquoi certains angiomes disparaissent et d'autres persistent. La recherche fondamentale planche aujourd'hui sur les facteurs de croissance vasculaire, indispensables à la fabrication d'un angiome. C'est parfois difficile pour un parent de renoncer à l'enfant parfait.
Certes en plus du regard des autres, la pression de l'entourage, on a presque envie de faire disparaitre cette marque inesthétique mais sachez qu'un traitement immédiat à savoir une intervention précoce peut laisser des séquelles bien plus visibles que ne le fera un angiome disparaissant spontanément. Dans ce domaine, la patience est de loin la meilleure conseillère. Seuls les angiomes entrainant un préjudice esthétique majeur ou une gêne fonctionnelle (angiome de la paupière par exemple) méritent une prise en charge immédiate.
Les traitements mis en oeuvre varient selon la nature du problème. Dans le cas d'un angiome tubéreux, le recours à la
chirurgie peut donner de bons résultats. En ce qui concerne l'angiome plan, la technique la plus appropriée reste le laser à colorant expulsé. Le laser ne constitue pas une panacée. Il peut très bien blanchir l'angiome d'un enfant et laisser intact celui d'un autre. Son grand avantage est de pouvoir brûler les vaisseaux sous la peau sans altérer l'épiderme en lui -même. On ne peut préjuger de l'efficacité du traitement qu'au bout de cinq séances environ, espacées tous les deux mois. Sachez aussi que les
prématurés sont plus sujets aux angiomes tubéreux que les autres. Aucun facteur familial n'a pu être identifié. Les angiomes ne sont donc pas héréditaires. Un bébé sur trois est porteur de la « pince de la cigogne ».
Comme toute lésion vasculaire, l'angiome est sensible au chaud, au froid et au comportement.