Alsthom est crée en 1928 lors de la fusion de deux sociétés:la SACM ou Société Alsacienne de Construction Mécanique et la CFTH ou Compagnie Française Thomson Houston. Alsthom est spécialisé dans plusieurs branches d'activité industrielle. Alsthom est le principal fournisseur d'équipement du pays pour les transports maritimes et ferroviaires. Alsthom se lance également dans la construction des appareils électriques et la production d'énergie. La production d'énergie représente l'un de ses produits phares avec le programme électronucléaire français.
La fusion d'Alsthom avec la Compagnie ElectroMécanique en 1977 a permis de maximiser les investissements pour faire face à la demande croissante du programme électronucléaire. Des partenariats se sont concrétisés avec
EDF et Framatome. La nationalisation de la Compagnie Générale d'Électricité, la société mère d'Alsthom est effective de 1982 à 1987. Cependant, la concurrence devient de plus en plus rude. Ce secteur d'activité traverse un moment difficile vers les années 90 et a des répercussions désastreuses sur le plan financier. L'une des solutions pour pérenniser cette branche d'activité serait d'orienter la production vers l'exportation. En 1989, GEC UK et Alsthom ont concrétisé leur partenariat afin de consolider la situation financière du groupe pour devenir le plus grand constructeur européen. Cependant, la gestion du groupe est plus difficile avec les parts à 50 - 50. De plus, chaque société dispose de ses propres techniques. Malgré la compression massive du personnel, la situation financière d'Alsthom est catastrophique. Avec la nouvelle gérance de L Bilger, plusieurs remaniements ont été effectués au sein de l'entreprise.
La force productive, les outils et les moyens de production sont désormais affectés dans des cadres plus spécifiques. Et l'unité de chaudronnerie a été supprimée. En 1998, le programme électronucléaire français se termine et les exportations ne tiennent pas leurs promesses. Alsthom achète ABB power en 1999 pour utiliser les licences de l'exploitation de turbine à gaz car GEC, son principal bailleur n'octroie plus de licence. Malheureusement, l'investissement n'est pas rentable car le coût d'achat d'ABB power est beaucoup plus important par rapport au bénéfice produit par les turbines gaz.
De plus, celle-ci rencontrent de très gros problèmes techniques, ce qui engendre des retards de livraison considérables et évidemment de paiment. En bourse le cours de l'action commence sa descente aux enfers.Pour obtenir de la trésorerie les liquidations d'actifs s'enchaînent ( vente de la branche "Turbine à vapeur" et de CEGELEC Contracting ). Alsthom est confronté à un marché de plus en plus volatile et très concurrentiel. Face à ce désastre, l'incompétence incontestable de la direction et de son staff ont mené la société au bord de la faillite. Le favoritisme et l'irresponsabilité au niveau même des conseils d'administration pour le recrutement des PDG incompétents ont causé la déconfiture de la société. Le groupe Alsthom doit faire face à 5 milliards de dettes.
Un nouveau plan de sauvetage dirigé par Patrick Kron, le nouveau PDG du groupe, consiste à céder plusieurs branches d'activités. Plusieurs postes sont supprimés. D'un autre côté, un renflouement de capital de l'ordre de 600 millions d'euros a été injecté à la société. La moitié de cet apport étant financé par l'Etat français qui devient ainsi l'actionnaire majoritaire avec 31,5 % des droits de vote. Il dispose de deux représentants au conseil d'administration de la société. Cette intervention provoque le mécontantement de
Bruxelles.
Vu l'importance de sa participation, l'Etat a dû intervenir dans la gestion d'Alsthom malgré la position libéral du gouvernement. A part la mauvaise gestion, Alsthom est confronté en même temps au problème de différence de prévision. En effet, malgré l'ampleur de la demande en électricité, Alsthom n'a pas su perfectionner sa technique pour la construction des centrales. La direction a décidé d'opter pour la licence d'ABB alors que celle-ci s'avère dépassée. A terme, les dettes s'accumulent car Alsthom n'arrive plus à honorer les commandes. Plusieurs chantiers sont en difficulté comme celui de Renaissance Cruise. Les commandes ne se renouvellent plus après le paquebot Queen Mary 2. Pour sauver les chantiers navals l'Etat intervient pour que les sociétés GDF et
SNCF adressent leurs commandes à Alsthom pour la fabrication d'un méthanier et d'un car-ferry. Alourdis par les dettes et les payements des dividendes des actionnaires, Alsthom entre en bourse avec ses maigres fonds propres. La situation financière s'aggrave en 2003. De plus, la société n'arrive plus à obtenir de cautions bancaires. Pour surmonter la crise, le capital est de nouveau augmenté. Cette fois-ci, l'Etat obtient l'autorisation de la Commission européenne pour son intervention grâce à une négociation soutenue du Ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie. Fin juillet 2006, Alsthom voit enfin le bout du tunnel et réintègre le
CAC 40.