Qu'il s'agisse d'un
compte bancaire classique ou d'un compte courant, le découvert d'un compte donnera lieu à un paiement d'agios. Dans le cadre des opérations de
crédit effectuées au sein d'un établissement de crédit (banque, établissement financier, institution financière) et de micro- crédit, il est courant que les particuliers s'endettent jusqu'à un certain taux de découvert bancaire. En principe, un compte bancaire doit avoir un solde créditeur, c'est-à-dire globalement positif.
Lorsque le solde du compte est débiteur, le titulaire du compte ne pourra plus faire de retrait ou toute autre opération visant à l'obtention d'un prêt. Dans le cadre d'un compte courant, le solde ne sera ni débiteur ni créditeur tant que le compte n'est pas définitivement arrêté. Le découvert bancaire est une opération de crédit à court terme accordée par la banque à sa clientèle, notamment les foyers et ménages modestes, lorsque le compte est dit « à découvert », c'est-à-dire débiteur. Mais ce découvert ou cette facilité de caisse n'est pas sans contrepartie : des frais, commissions et intérêts sont prélevés sur le bénéficiaire du crédit et ce sont les agios bancaires. Les intérêts proprement dits sont la rémunération de l'utilisation des capitaux que le banquier a consenti à prêter au client. Quant aux commissions, il s'agit des autres coûts qui grèvent une opération de banque. Le recours au découvert bancaire est un système très couramment utilisé. Aucun agio ne peut être perçu tant que le compte n'est pas à découvert, d'où il s'avère que c'est la position débitrice du solde du compte qui justifie le paiement d'agios.
Le calcul des agios se fait par voie électronique et s'opère selon plusieurs critères : le montant du découvert joue un rôle décisif car la relation « capital-intérêts » est inhérente à la somme des agios. En effet, plus le capital prêté est important, plus les intérêts courus seront conséquents car les agios ne sont rien d'autre que la contrepartie de l'utilisation des capitaux.
Ensuite, la durée du découvert consenti compte également pour beaucoup dans le calcul des agios car quand bien même le découvert serait de faible montant, son étendue dans le temps est conséquente en terme de rentabilisation du capital utilisé. Enfin, il faut évaluer à combien est fixé le taux d'intérêt afin de mesurer l'ensemble des agios à percevoir. Reposant sur le système du découvert bancaire, les agios sont perçus automatiquement et d'office. Par contre, le découvert n'est pas un crédit qu'on obtient systématiquement car l'établissement de crédit peut refuser de l'octroyer du fait que le découvert est une facilité ou une faveur que la banque consent à faire à son client et ce, malgré la position débitrice de son compte bancaire. C'est pourquoi le montant ainsi que la durée du découvert sollicité ne doivent pas être exagérés car les établissements de crédit ne souhaitent pas encourager leurs clients à laisser leur compte en position débitrice. Malgré le fait qu'il n'y a pas lieu de favoritisme, les banques peuvent bien souvent entretenir des relations privilégiées avec certains de leurs clients et le montant des agios peut s'en ressentir.
La convention d'ouverture de compte doit cependant spécifier dès le départ quelles sont les dispositions concernant le calcul des agios et le taux d'intérêt adopté. En pratique, c'est le
Taux Effectif Global qui indiquera en termes comptables le coût de l'opération de crédit par découvert et c'est en pourcentage que sera exprimé le taux des agios à percevoir sur l'année.
Il faut savoir que le taux des agios est strictement règlementé : en effet, les agios pratiqués et perçus par les établissements de crédit doivent respecter la règlementation sur l'usure, en ce sens que le taux des agios ne doit pas atteindre le taux légal maximal de l'usure. Par ailleurs, le montant des agios peut être revu à la baisse par votre banque, si toutefois vous êtes un client régulier et bon payeur, ou si vous disposez d'un bon sens de la négociation. Il existe par ailleurs des découverts dits « autorisés » et les découverts « non autorisés ». Les premiers résultent souvent d'un accord spécial entre la banque et ses clients préférentiels et leur durée maximale est fixée à 2 mois, soit 60 jours. Quant à ceux « non autorisés », ce sont des facilités de caisse accordées tacitement, c'est-à-dire sans accord exprès et leur durée est de 3 mois, soit 90 jours au maximum. Alors pour négocier le montant des éventuels agios à payer, il ne faut pas attendre d'être à découvert, il est conseillé de le faire alors même que la situation pécuniaire est encore au beau fixe.