Le mouvement dit dreyfusard, animé par Bernard Lazare et Mathieu Dreyfus, s'agrandit. En janvier 1898, Esterházy est acquitté, sous les applaudissements des anti-dreyfusards, conservateurs et nationalistes. En réaction à ce scandale,
Émile Zola, qui devient le premier grand intellectuel dreyfusard publie « J'accuse ». Il est alors au sommet de sa gloire et son plaidoyer entraîne le ralliement de nombreux autres intellectuels. Son texte provoque une succession de crises politiques et sociales uniques en
France. Une presse antisémite se fait l'écho des idées des anti dreyfusards et des émeutes antisémites éclatent dans plus de vingt villes françaises. Le premier jugement condamnant Dreyfus est cassé par la
Cour de cassation et un nouveau conseil de guerre a lieu à
Rennes en 1899. Contre toute attente, Dreyfus, épuisé par sa déportation de quatre longues années, est condamné une nouvelle fois, à dix ans de travaux forcés, avec, toutefois, des circonstances atténuantes. Il est gracié mais non innocenté, par le Président de la République. Ce n'est qu'en 1906 que son innocence est officiellement reconnue.