Les nutriments contenus dans nos aliments, c'est-à-dire les
protéines, les
glucides et les lipides, constituent notre carburant. Il convient donc de les renouveler quotidiennement et en quantité suffisante. Les matières grasses ou lipides que nous ingérons en nous alimentant sont transformés par des enzymes, les lipases, en acides gras, ceux-ci se présentant sous forme moléculaire. Ce processus s'effectue automatiquement pendant la digestion et permet surtout de fournir l'énergie nécessaire à notre organisme.
Tout comme les protéines, les acides gras jouent un rôle dans la constitution des membranes cellulaires et des divers tissus organiques ainsi que dans la mise en place et le bon fonctionnement de notre système nerveux. Il existe ainsi trois familles d'acides gras : l'acide butyrique, dit saturé, l'acide oléique, dit mono insaturé, et l'acide linoléique, dit poly insaturé. Les acides gras essentiels, c'est-à-dire ceux que notre organisme ne peut fabriquer lui-même ou en quantité bien trop insuffisante pour subvenir à ses besoins, dérivent de la dernière famille d'acides gras. Les acides gras insaturés sont capables de réagir avec d'autres substances telle que le
cholestérol. On distingue deux types de cholestérol dont un dit « bon » ou HDL qui associé à des acides gras essentiels devient assimilable par l'organisme et lui est bénéfique. Le qualificatif « essentiels » a été admis pour certains acides gras nécessaire à l'organisme humain dans les années 60 après l'observation de symptômes spécifiques, tels que le dessèchement et l'épaississement de la peau, chez des tout jeunes enfants manquants de graisses alimentaires.
Comme leurs noms l'indiquent, les acides gras essentiels sont indispensables au bon fonctionnement de notre organisme qui doit se les procurer en puisant dans les aliments absorbés puisqu'il est incapable de les synthétiser lui-même. Ils proviennent des graisses animales et végétales et sont distingués en deux familles : les
oméga-3, tels que l'ALA, l'EPA ou le DHA, et les oméga-6, tels que le LA, le GLA ou l'AA. On trouve par exemple, l'ALA dans les noix ou le colza, et l'EPA et le DHA dans les poissons, la viande, le lait ou les oeufs.
Les oméga-6, quant à eux, sont surtout contenus dans les huiles végétales, telle que l'huile de tournesol. Ces deux familles d'acides gras essentiels exercent des fonctions opposées. En effet, l'oméga-3 est « anti- inflammatoire » et « anti-agrégante » alors que l'oméga-6 est, à l'inverse, « pro inflammatoire » et « pro-agrégante ». Il est donc nécessaire d'établir entre eux un équilibre qu'il faut ensuite maintenir grâce à une alimentation équilibrée et variée et, si besoin est, à l'aide de compléments alimentaires spécifiques en cas de carences. Cette nécessité découle du fait que les oméga 3 et 6 interviennent dans divers processus, notamment celui de l'élongation des muscles, mais aussi dans le maintien de l'intégrité de notre peau, garantissant ainsi souplesse et élasticité à notre épiderme, dans la reproduction ou le bon déroulement de notre croissance.
De plus, les oméga-3 jouent un rôle important dans la mise en place des membranes et notamment dans celle de la rétine et permettent également de nourrir nos cellules nerveuses. Sans oublier les autres acides poly insaturés et les diverses substances fabriqués par notre corps à partir de ces molécules, intervenant également dans les réactions immunitaires, vasculaires, allergiques et dans la coagulation du sang. Les acides gras représentent environ 40% des apports énergétiques de notre ration alimentaire et nos besoins en acides gras essentiels varient en fonction de notre âge.
En effet, pour un enfant ou un adulte, les nutritionnistes conseillent un apport quotidien d'environ 7 à 10 grammes d'oméga-6 et 1,5 grammes d'oméga-3, tandis que pour une personne âgée, 6 grammes d'oméga-6 et 1 gramme d'oméga-3 suffisent. Dans notre alimentation, les huiles végétales constituent la majorité de nos apports en oméga-3 et oméga-6. Ainsi les trois plus recommandées pour leur richesse en acides gras essentiels sont les huiles de colza, de
soja et de noix. Il ne tient donc qu'à nous d'aider notre organisme à se procurer ce dont il a besoin.