La
première guerre mondiale fait rage depuis plus de quatre ans, quand l'annonce de l'armistice signée avec l'Allemagne, relayée par les cloches et les clairons de toute la
France, se fait entendre. Elle se faisait évidemment attendre, devant le repli inéluctable des forces allemandes.
Cette cessation des combats, en attendant le traité de Paix à proprement parlé, mets fin au plus grand conflit que le monde ait connu, de par le nombre de pays engagés, mais aussi par le nombre de victimes qui s'élève à 8 millions de morts, sans compter les 6 millions d'invalides, dont les « gueules cassées ». La cessation des combats se faisait déjà sentir depuis l'échec de la contre-offensive allemande en juin/juillet 1918. Voulant percer en force dans les Flandres et en Champagne, l'armée allemande est boutée par delà la Marne par les forces alliées, tout récemment renforcées du contingent militaire américain, entré en guerre l'année précédente. Cet échec cuisant, et le surnombre conséquent de ses ennemis, plonge l'Empire allemand dans une situation plus que délicate. L'empereur Guillaume II ne se fait plus trop d'illusions, et nomme chancelier le Prince Max de Bade, avec qui il espère négocier des conditions de redditions acceptables pour l'empire. De plus, la situation intérieure se détériore : le 3 novembre, des marins refusent de partir au combat dans le port de Kiel. Le mouvement s'étend dans de nombreuses villes, jusqu'à atteindre
Berlin le 9 novembre.
L'
Allemagne est alors au bord de la guerre civile et de l'anarchie, et vit sous la menace d'une révolution spartakiste (communiste). Le Kaiser Guillaume II abdique sous la pression, pour éviter l'implosion de l'Allemagne. La fin de la première guerre mondiale va donc se précipiter. La
Bulgarie, la
Turquie et l'
Autriche-
Hongrie, bref tous les alliés de l'Allemagne, ont déjà déposé les armes quelques jours auparavant. Tout va vers la reddition de l'Allemagne.
Les militaires, pourtant en accord avec la fin des hostilités devant l'épuisement de l'armée, se défausse en partie du procédé d'armistice pour éviter le déshonneur, et c'est à un civil représentant du gouvernement, Matthias Erzberger, qu'est imposé la tâche de mener les discussions sur l'armistice, assisté de quelques généraux seulement. Cette défausse des militaires, qui crieront à la traîtrise des civils et du gouvernement par la suite, sera l'un des fondements de la percée nationaliste et nazie. En France, le débat sur l'armistice fait rage. Certains, comme le
maréchal Pétain, héros de la
bataille de Verdun, et le président Poincaré, veulent continuer la guerre jusqu'en Allemagne pour humilier l'ennemi. D'autres, plus raisonnables, à la suite du Généralissime Foch et du président du Conseil français Clemenceau, veulent en finir au plus vite.
Après quelques jours de négociations, l'armistice est ainsi signé dans le wagon-restaurant (aujourd'hui pièce de musée) personnel de Foch, représentant français, le 11 novembre 1918, en présence d'un représentant anglais. Signé à 5h15, le cessez-le-feu prenait effet à 11h, l'armistice était signé pour 36 jours. Il fut évidemment réitéré jusqu'au Traité de Paix de Versailles, signé le 28 juin 1919.
En sus de signifier la fin des combats et la reddition de l'Allemagne, le contrat engageait le vaincu à satisfaire rapidement quelques obligations : la libération de tous les prisonniers de guerre (dont un jeune capitaine, le futur
général de Gaulle), l'évacuation immédiate des pays envahis (France,
Belgique,
Luxembourg) ainsi que l'
Alsace Lorraine, et ce jusqu'à la frontière naturelle du Rhin, tout en confortant les autres frontières comme elle étaient en 1914. L'armée allemande devait en outre abandonner tout le matériel en bon état et livrer ses sous-marins. Enfin, elle devait contribuer aux redressements des pays alliés en leur livrant plusieurs tonnes de matériels. Des dettes qui seront, l'année suivante, largement augmentées, l'Allemagne devenant officiellement à Versailles la grande fautive de la grande guerre.
C'est ainsi que se termina la « Der des Ders », dont l'horreur resta longtemps présente dans les esprits. Elle coûta à la France près de 10% de sa population masculine, faisant de la France, avec ses 1,4 millions de morts, le pays proportionnellement le plus meurtri. Une guerre que plus personne ne voulait voir revenir. Ce qui n'empêcha pas à
Ferdinand Foch, le signataire de Rethondes, de dire en 1920 : « Ce n'est pas une paix, c'est un armistice de 20 ans » A bon entendeur, aurait pu t'on dire à l'époque ...