Roger Federer n’aura pas remporté son sixième tournoi de Wimbledon consécutif…
Deux tie-breaks, deux interruptions dues à la pluie, deux balles de matches sauvées au quatrième dans un match entre deux joueurs de tennis exceptionnels : c’est à l’issue d’une finale épique de 4 heures et 48 minutes, sans doute la plus passionnante et la plus indécise de l’histoire du tournoi de Wimbledon, que Rafael Nadal a fait la différence, grâce à sa puissance physique mais aussi et surtout à son incroyable mental face à un Roger Federer héroïque en l’emportant sur le score fleuve de 6-4, 6-4, 6-7 (5/7), 6-7 (8/10), 9-7.
Dès l’entame de match, c’est un
Rafael Nadal sans doute désireux d’en finir au plus vite qui s’employait à expédier des coups droits liftés sur le revers de Roger Federer, une technique qui s’était avéré payante à
Roland-Garros. Décisif sur les points les plus importants, l’Espagnol semblait sur le point de se montrer aussi expéditif que lors de la précédente rencontre entre les deux hommes, puisqu’il remportait les deux premiers sets sur le score de 6-4, 6-4. Le Majorquin s’apprêtait même à conclure lorsque la pluie faisait son apparition sur
Londres, occasionnant une interuption salvatrice pour Federer.
Les tie-breaks des troisième et surtout quatrième sets allaient atteindre un niveau d’intensité inégalés, Roger Federer sauvant deux balles de matches, dont une sur un passing de revers magnifique, une prise de risque incroyable avant de s’imposer 10 points à 8, sous les hourras du public londonien.
A deux sets partout, le match était relancé, d’autant que les deux hommes étaient à nouveau renvoyés au vestiaire par la pluie. Dès leur retour, c’est l’Espagnol qui allait faire la différence en dépit d’échanges à la puissance titanesque : Rafael Nadal l’emportait finalment 9 jeux à 7 dans la dernière manche, à quelques minutes de l’interruption du match pour luminosité insuffisante.
Il semble que le flambeau soit bel et bien passé entre les deux hommes, puisque Rafael Nadal peut en toute logique ambitionner désormais la place de numéro 1 mondial dans les mois qui viennent. Il lui faudra pour ce faire accomplir les mêmes progrès sur dur que sur gazon. A 22 ans à peine, tous les espoirs lui sont permis pour rejoindre Pete Sampras au nombre de victoires en Grand Chelem (14, dont 7 à Wimbledon).
En dépit d’une défaite prévisible, Roger Federer s’est montré accablé.
« C’est un désastre, ma pire défaite », a-t-il confié.
Sonnera-t-elle le glas de sa carrière, comme pour
Justine Henin il y a quelques semaines ?