Non, les faits ne se déroulent pas au
Moyen Âge et oui, c’est bien une histoire belge…
Quel ne fut pas l’étonnement des passants traversant la place du Marsupilami de Charleroi en
Belgique quand ils aperçurent un jeune homme ligoté en plein centre de la ville, n’ayant comme tout vêtement qu’un slip ! Plus fort encore, ils pouvaient lire sur son torse nu : « Je suis un voleur ».
L’action s’est déroulée le 20 novembre dernier. Un gérant de studio de tatouages situé à Gosselies, a complètement pété les plombs. Il faut dire que le commerçant en avait plus qu’assez d’être victime de délits incessants. Braquages de son commerce, sept cambriolages de son habitation, effractions en tout genre sur sa voiture, le pauvre homme n’en pouvait plus !
Or, par hasard, le 19 novembre, il reconnaît l’auteur du dernier braquage dont il avait fait les frais la veille (un PC volé dans son magasin). Ni une, ni deux, le commerçant se renseigne, apprend que le voleur est un toxicomane du quartier et il le suit. Il se rend alors au domicile du jeune homme avec un tiers le lendemain, force la porte, lui donne des coups, l’embarque dans une camionnette et le conduit sur la place du Marsupilami.
Là, il le force à se déshabiller en lui permettant quand même de garder son slip. Il l’attache alors à un piquet, puis écrit, rageur, sur le torse du jeune homme : « Je suis un voleur », et le laisse en plan, tout seul, à l’affût des regards. Un passant prévient
la police qui interpelle le commerçant excédé.
Ce dernier a écrit au Procureur en exprimant ses excuses « La loi est la loi, on ne se fait pas justice soi-même ». Cela dit, il risque quand même gros même si l’histoire est farfelue et prête à sourire. Trois ans de prison, c’est ce qui peut l’attendre selon les articles 434 et 443 du Code Pénal (arrestation d’une personne quelconque sans ordre des autorités constituées et « atteinte à l’honneur d’une personne et exposition au mépris public). « Il fera bien l’objet de poursuites judiciaires » a précisé le Parquet. En outre, il s’est rendu coupable de coups et blessures ce qui peut aggraver la peine.
Violation de domicile avec violences, arrestation arbitraire, coups volontaires, traitements dégradants, attentat à la pudeur… Les accusations sont lourdes…
Voilà ce qu’il en coûte de se faire justice soi-même ! En tout cas, à l’inverse, voici une sacrée leçon que le jeune voleur n’est pas prêt d’oublier !