Les espèces protégées font l’objet de tous les trafics : il peut s’agit de cornes de rhinocéros, de défenses d’éléphants, de peaux ou griffes de tigre, de tortues, etc. Au Cameroun, les chimpanzés sont une des cibles privilégiées des trafiquants, les Occidentaux se prenant de folie pour ces gentils primates. Ce trafic est très juteux sur Internet où l’on voit fleurir des annonces très explicites accompagnées de documents pseudo-officiels (certificats vétérinaires, immatriculation, permis CITES, etc.). La CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) établit en effet des documents mais pas pour n’importe qui et pas n’importe où.
Au Cameroun, la vente illégale d’espèces protégées est interdite et pourtant, elle est en plein essor depuis trois ans sur Internet comme l’affirme « The Las Great Ape Organization » (Laga-Cameroun) qui est chargée de défendre les animaux. Ainsi, huit groupes de « cyber-fraudeurs » ont pu être en partie démantelé lors de ces trois dernières années. Car ces vendeurs ne sont pas que de simples escrocs, ils agissent en bande organisée sans pour autant fournir l’animal objet de la transaction. D’autres, par contre, fournissent réellement des espèces protégées avec de faux documents portant la signature imitée du ministre camerounais chargé de la faune. Pour réaliser leurs sales affaires, ils n’hésitent pas à passer des annonces alléchantes sur des sites spécialisés aux USA, en Maiaisie, en
Afrique du Sud mais aussi en
Belgique et aux
Pays-Bas… Et le trafic est très rentable car un bébé chimpanzé peut être vendu au Cameroun 75 euros mais à l’étranger, il vaut 100 ou 200 fois plus !
Chose plus grave, ces trafiquants bénéficient aussi de certaines complicités dans les administrations, les banques, les aéroports et même jusque dans la police camerounaise car évidemment, pour que la vente soit vraiment réalisée, il faut bien expédier l’animal au détriment des lois en vigueur au Cameroun…
Force est de constater qu’avec les facilités que procure Internet, lutter contre le trafic d’espèces protégées sera de plus en plus difficile car désormais, la connexion se fait directement entre l’acheteur et le vendeur, en arrosant au passage certains fonctionnaires… Ainsi, comme l’a déclaré M. Drori de Laga-Cameroun : « Internet a un potentiel qui peut faciliter la connexion entre les acheteurs basés à l’étranger et les trafiquants locaux. L’une des choses qui avait permis jusqu’à présent d’éviter le massacre des animaux, c’était l’absence de cette connexion ».

Il n'y a pas encore de commentaires pour cette dépêche.
Tous les commentaires sont soumis à modération (ceux abrégés en SMS seront supprimés).
Ne vous inquiétez donc pas si ceux-ci ne s'affichent pas instantanément.