La première étape alpestre du
Tour de France aura été forte en émotions à bien des égards : tout d’abord dans la mesure où elle aura permis d’assister à un bouleversement, certes prévisible, en tête du classement général mais également car elle aura été émaillée par deux chutes spectaculaires, dont celle de l’Espagnol Oscar Pereiro dans la descente du col d’Agnel (2700 mètres d’altitude) rendue périlleuse par la pluie.
La vainqueur de l’édition 2006, et donc l’un des grands favoris, a en effet percuté alors qu’il se trouvait en tête du peloton une glissière de sécurité avant de chuter sur la route cinq mètres en contrebas. L’émotion aura été d’autant plus grande dans le peloton que le coureur est resté plusieurs minutes immobile sur l’asphalte, dépassé par l’ensemble des coureurs en file indienne. Pendant une bonne dizaine de minutes, l’étape s’est donc vue momentanément ralentie, dans l’attente de nouvelles rassurantes concernant l’état de santé de Pereiro. Plus de peur que de mal au bout du compte : le coureur espagnol, qui n’a jamais perdu connaissance, souffre d’une fracture de l’épaule.
A une cinquantaine de kilomètres de l’arrivée, une grosse dizaine de coureurs chutaient à leur tour, à hauteur d’un rond-point, vraisemblablement victimes d’une présence de gas-oil sur la chaussée ; sans conséquence heureusement.
Dans de telles conditions de course, il était entendu que les échappés partis dès le 12e kilomètre pourraient rallier l’arrivée sans être rejoints par le peloton : ils comptaient même 17 minutes d’avance au pied de la dernière montée de 11 kilomètres vers Patro Nevoso. L’étape aura finalement été remportée par l’Australien Simon Gerrans, qui aura fait la différence dans les 200 derniers mètres face à Egoi Martinez et Danny Pate.
Mais la bonne opération de la journée aura été accomplie par le Luxembourgeois Frank Schleck qui ravit le maillot jaune à un Cadel Evans en demi-teinte, qui ne le devançait au classement général que d’une seconde : il était presque écrit que le coureur de la CSC, épaulé par son frère Andy, tenterait quelque chose dans la dernière difficulté : dans les derniers hectomètres de l’ascension, Schleck surprenait donc Cadel Evans en lançant un sprint pourtant prévisible qui laissait coureur australien sans réaction.
Au classement général ; Franck Schleck devance désormais Bernard Khol - parti lui aussi en baroudeur dans le dernière montée - de 7 secondes ; et Cadel Evans de 8… les six premiers du classement (Schleck, Khol, Evans, Menchov, Van de Velde et Sastre) n’étant séparés que par 49 secondes, une situation inédite dans le tour…
Les deux prochaines étapes dans les Alpes, mardi et mercredi, promettent une belle bagarre.

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