L’affaire fait grand bruit dans le monde politique et associatif, et ennuie beaucoup les instances musulmanes de France.
Au départ de ce tollé quasi général : la décision par le tribunal de grande instance de
Lille en avril dernier d’annuler un mariage pour « erreur sur les qualités essentielles » de l’épouse.
Or, les qualités essentielles dont il est question reposent sur un aspect unique : la virginité de la jeune femme. Le marié avait en effet découvert le soir des noces, le 26 juillet 2006, que contrairement à ses affirmations la jeune épousée n’était plus vierge, et l’avait fait ramener chez ses parents par son père, jugeant sa famille « déshonorée ». Il avait assignée son épouse le 26 juillet 2006.
Le tribunal de grande instance de Lille a pris la décision d’annuler ce mariage en se basant sur l’article 180 du
Code Civil, qui prévoit que « s’il y a erreur dans la personne, ou sur les qualités essentielles de la personne, l’autre époux peut demander la nullité du mariage ».
Selon l’avocat du mari « déshonoré », le jugement est donc « parfaitement logique » puisque « l’épouse a reconnu avoir menti. »
De nombreuses réactions d’indignation se sont fait entendre depuis la révélation de cette décision qui fait figure de « première » et risque de faire jurisprudence, dans un contexte d’une résurgence de certaines traditions assimilées à un « intégrisme archaïque » selon le député
UMP Jacques Myard, qui s’est déclaré « indigné ».
La secrétaire d’Etat au droit des femmes Valérie Liétard a fait part dans un communiqué de sa consternation « de voir qu’aujourd’hui en France certaines dispositions du Code Civil conduisent, par l’interprétation qui peut en être faite, à une régression du statut de la femme ».
Le PS a dénoncé une décision atterrante qui « bafoue le droit des femmes à disposer de leur corps et à vivre librement, comme les hommes, leur sexualité ».
L’association Ni putes ni soumises a manifesté son désarroi de « savoir qu’en France la virginité peut être considérée comme une qualité essentielle ».
Venant en soutien du tribunal de grande instance de Lille, le procureur Philippe Lemaire a expliqué que le juge avait pris sa décision en regard du mensonge de la jeune femme, et que la « question ce n’est pas la virginité, c’est la liaison qu’elle a eue avant et qui a été cachée »…
La jeune musulmane aurait donc été « jugée » non sur les faits mais pour son mensonge…