Si la mobilisation d’hier n’a pas atteint les records observés lors des manifestations de 2003, qui avaient compté entre 1 et 2 millions de personnes, elle n’en reste pas moins une grande victoire pour les syndicats. Ces derniers attendaient en effet des centaines de milliers de personnes dans les rues et ils n’ont pas été déçus, puisque leur calculettes affichaient hier soir le chiffre de 600 000 manifestants (300 000 selon la police).
Fait assez étonnant, la mobilisation s’est avérée contrairement à l’habitude beaucoup plus forte en province qu’à
Paris.
Marseille a ainsi égalé le nombre de participants parisiens (entre 28 000 et 70 000), et une ville moyenne comme
Grenoble a enregistré une mobilisation plus que conséquente, entre 8 000 et 30 000 manifestants. Les provinciaux seraient-ils davantage préoccupés par leur retraites que les Parisiens ?
Forts de cette mobilisation qu’elles jugent « significative », mais aussi du soutien de la majorité des Français (60% selon un sondage du
CSA), les organisations syndicales entendent maintenant poser un ultimatum au gouvernement. Ouvrez le dialogue, ou on continue !
«
François Fillon a fermé la porte, on va lui montrer comment on rentre par la fenêtre ! » ironisait d’ailleurs Jean-Claude Mailly de FO. La CGT et FO entendent notamment revenir sur un point précis : le plan de financement des retraites, pénalisant pour les seuls salariés.
La
CFDT, la CFE-CGC et la CFTC semblent d’accord pour ouvrir de nouvelles concertations avec le gouvernement et enfin parvenir à un compromis.
Le premier ministre François Fillon s’est hier réjoui que des « milliers de Français » aient pu se rendre sur leur lieu de travail grâce au service minimum. Il n’a pas pour l’instant évoqué la mobilisation d’hier, ni les propositions des syndicats.

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