Un appel d’offres vient d’être lancé par
Xavier Darcos et
Valérie Pécresse afin d’assurer une « veille de l’opinion ». Il s’agit d’être au courant de tout ce qui se dit ou s’écrit dans les médias dont Internet sur les sujets concernant leurs ministères. Les deux budgets accordés à ce dispositif seront respectivement de 100 000 euros et de 120 000 euros.
Rien de bien nouveau dans tout cela puisque Gilles de Robien, avec un seul ministère, avait la même enveloppe budgétaire, soit 220 000 euros, pour cette veille des médias. Les autres ministères font d’ailleurs de même. Cela dit, cet appel d’offres suscite plus de méfiance cette année. Ainsi, le syndicat Sud Education redoute que les services du ministère n’épient les différents mouvements de pensée pour anticiper toute action de protestation.
L’appel d’offres est rédigé comme suit : « identifier les thèmes stratégiques (pérennes, prévisibles ou émergents) ; repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau ; décrypter les sources des débats et leurs modes de propagation ; anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise ».
Les sources surveillées sur Internet sont variées : presse en ligne, commentaires de l’actualité, sites de syndicats mais aussi de partis politiques, d’associations, de mouvements revendicatifs, de leaders d’opinion, forums, blogs, pages personnelles, pétitions en lignes, etc.
… Bientôt, il n’y aura plus que chez soi que l’on pourra échanger des idées et des opinions librement sans avoir peur d’être espionné…
Ce qui choque également, c’est le montant de l’enveloppe accordée pour cette veille à des officines privées alors que les enseignants doivent subir une réduction drastique d’effectifs (11 200 postes à la rentrée 2008 et 13 500 postes en 2009). Les syndicats d’enseignants de collèges et de lycées ont d’ailleurs appelé à la grève le 20 novembre contre le projet de budget 2009, rejoignant ainsi les enseignants du primaire.

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