Ségolène Royal a-t-elle hier soir compromis à tout jamais ses chances de devenir la première présidente de la République française, en donnant une nouvelle fois d’elle même l’image d’une femme autoritaire et agressive, ce qui lui avait valu, lors du débat télévisé face à
Nicolas Sarkozy, la défaveur d’une partie des Français ?
Son intervention sur le plateau du journal télévisé de
France 2 hier soir a en tout cas fait se lever une tempête de réactions dans les rangs des membres de la majorité présidentielles ; au nombre desquelles celle du Premier ministre
François Fillon n’est pas des moindres : il a accusé l’ex-candidate à la présidentielle de « perdre le contrôle d’elle-même ».
La porte-parole de l’UMP
Chantal Brunel a déclaré pour sa part que « l’UMP se sent révoltée par les propos honteux de Madame Royal sur le président de la République », ajoutant que « certains limites, qui sont celles de la diffamation et de la calomnie, ne devraient être franchies par personne, encore moins par l’ex-candidate à la présidence de la République. Que Mme Royal s’oppose pour s’opposer, elle est dans son rôle. Que Mme Royal se créée un personnage de martyr, poursuivie par une sorte de 5ème colonne médiatico-politique, voilà qui dépasse les bornes ».
Pour l’autre porte-parole de l’
UMP, Frédéric Lefebvre, « la gravité des accusations proférées par Mme Royal est le signe qu’elle perd ses nerfs ».
La cause de ces réactions d’indignation ?
Les propos tenus par la députée PS de Poitou-Charentes, qualifiant sur le plateau de France 2 le cambriolage de son appartement au lendemain de son attaque contre « le clan Sarkozy » de « drôle de coïncidence ».
« J’observe que la semaine dernière, le lendemain où j’ai dit qu’il fallait mettre fin à la mainmise du clan Sarkozy sur la France, mon domicile a été mis à sac (…). Je fais un rapport entre les deux. Je considère qu’aujourd’hui il y a une mainmise du pouvoir sur les médias (…) », a-t-elle en outre déclaré.
A la question de
David Pujadas destinée à savoir s’il s’agissait là d’ « une forme d’accusation du pouvoir en place », Ségolène Royal a répondu que « c’est une drôle de coïncidence. Et c’est la seconde fois [que l’appartement est cambriolé], la première a eu lieu pendant la campagne présidentielle ».
Ségolène Royal a en outre réaffirmé qu’elle ne « subira aucune intimidation » et que « sa liberté de parole sera totale ».
Une liberté de parole qui lui fait porter de graves accusations dénuées du moindre commencement de preuve… et permet au pouvoir en place de saisir la balle au bond pour la deuxième fois en une semaine : François Fillon avait déjà dénoncé il y a quelques jours les propos de Ségolène Royal affirmant que Nicolas Sarkozy n’était pour rien dans la libération d’
Ingrid Bétancourt.