En
Alsace, à une quinzaine de kilomètres de
Strasbourg, dans la petite commune de Brumath, un entrepreneur allemand exploite dix hectares de terres destinés aux asperges, aux fraises et aux framboises. Or, une cinquantaine de femmes venant d’Europe de l’Est (
Roumanie,
Ukraine,
Pologne) y travailleraient dans des conditions indignes selon la CGT qui dénonce de « l’esclavagisme » ainsi que « des conditions de vie, de logement scandaleuses ». Le salaire est au rendement alors que le
Smic horaire agricole est officiellement de 8,71 euros. Ainsi, elles seraient payées entre 25 et 50 centimes le kilo ramassé, et certaines d’entre elles n’auraient été payées que 6 euros pour dix jours de présence.
Le chef d’entreprise, pour accueillir ces travailleurs saisonniers, a fait bâtir une dizaine de préfabriqués avec des chambres pour deux personnes, une cuisine collective, un réfectoire, des douches et sanitaires. La petite ville est en conflit avec l’exploitant pour avoir bâti ces préfabriqués dans une zone non constructible. Il a d’ailleurs été condamné mais il a fait appel.
Pour travailler, les personnes doivent payer 5 euros pour le logement et elles doivent aussi payer leurs repas.
Des Roumaines auraient d’abord été chargées de cueillir des asperges puis des fraises mais elles seraient reparties. Selon l’employeur, elles ne travaillaient pas assez, selon la
CGT, elles auraient refusé les conditions de travail. Depuis jeudi, ce sont des Polonaises et des Ukrainiennes qui les ont remplacées. On y trouve aussi quelques Allemands.
L’inspection du travail a été saisie et a visité les lieux. Le Consul de Roumanie s’est aussi rendu sur place afin de fournir un numéro de téléphone aux Roumains encore sur place en cas de difficultés. Une enquête a été ouverte par la gendarmerie.
Les témoignages diffèrent. Certaines employées se disent satisfaites en prétendant pouvoir gagner jusqu’à 800 euros nets (bien loin de ce qu’elles pourraient obtenir en Roumanie pour le même travail, soit environ 200 euros). D’autres, selon le journal L’Alsace, auraient des contrats de travail officiels et écrits comme un mécanicien roumain et son frère. D’autres encore, selon Le Monde, affirment qu’elles ne savent pas quand elles seront payées car « le problème ici, ce n’est pas vraiment le logement, c’est l’argent. On ne sait pas quand on sera payé ».
Une histoire bien navrante qui pointe du doigt les conditions de précarité dans lesquelles vivent bon nombre de travailleurs saisonniers car cette situation n’est malheureusement pas un cas isolé…