Samedi, un Sénégalais en situation irrégulière devait être expulsé de France. Accompagné par des
fonctionnaires de la Police de l’air et des frontières, cet homme s’est débattu.
Alain Yvergniaux, conseiller régional socialiste de
Bretagne qui se rendait à
Dakar sur un vol qui devait décoller de Roissy à 16 h 30, témoigne : « L’homme était coincé entre deux rangées de sièges. Six policiers le maintenaient au sol. Il hurlait. ».
Alors que l’homme était entravé avec des sangles, des passagers sont venus voir ce qui se passait. L’un d’entre eux, Sédibou Diack, conseiller en clientèle d’une société de communication qui se rendait au chevet de sa mère mourante, intervient : « la France, terre des Droits de l’homme, ne peut pas traiter des gens comme des animaux ». L’élu breton rapporte : « Il n’a fait qu’exprimer l’indignation que nous ressentions tous ». Une autre passagère, Olga Johnson, d’origine béninoise et directrice d’une agence de communication, s’est également indignée : « Le commandant de bord m’a dit : Si vous n’êtes pas contente, vous descendez ! ».
L’homme qui devait être expulsé est finalement débarqué et le commandant demande l’intervention de la police pour ramener le calme et enfin décoller.
Alors que Sédibou Diack n’avait proféré aucune injure selon les témoins, huit policiers casqués sont intervenus pour procéder à une interpellation musclée. Ce dernier est accusé d’avoir « de manière virulente et agressive, entravé la mesure de reconduite à la frontière » et d’avoir injurié les policiers.
Après une garde à vue, Sédibou Diack est finalement présenté en urgence à un
magistrat du tribunal de Bobigny. Le Parquet réclame cinq mois de prison avec sursis.
Le tribunal correctionnel l’a condamné à 300 euros d’amende pour « outrage à personnes dépositaires de la force publique » et « entrave à la circulation d’aéronef ».

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