On sait désormais que la Justice Suisse a refusé la liberté sous caution de Roman Polanski, 76 ans, par peur d’une fuite, le cinéaste ayant déjà fui la justice américaine… Fuir, en France pourquoi pas où il a trouvé quelques soutiens médiatiques et en France qui n’extrade pas ses nationaux. La Suisse maintenant doit donner sa réponse sur la demande d’extradition effectuée par les Etats-Unis… La question qui se pose dorénavant est celle-ci : Roman Polanski doit-il être extradé ou pas ? En France, certains intellectuels et politiques ont pris position sur la non-extradition de Roman Polanski vers les Etats-Unis comme
Frédéric Mitterrand ou
Bernard Kouchner, ce qui a alimenté bien des conversations sur les plateaux télé et sur Internet.
Les faits : Roman Polanski a été jugé à
Los Angeles en août 1977 après avoir abusé d’une adolescente de 13 ans qu’il avait droguée et qu’il avait fait boire. Ce procès avait fait l’objet d’un accord entre la famille de l’adolescente et les autorités judiciaires de
Californie. Cela dit, un procureur avait changé d’avis en menaçant Polanski d’une très forte peine pouvant aller jusqu’à 50 ans de prison. Ensuite, Roman Polanski avait pris la fuite en janvier 1978 pour rejoindre la France afin d’échapper à la justice américaine. Depuis, sans retourner aux Etats-Unis, Polanski avait voyagé partout dans le monde entier et il avait même une résidence en Suisse. C’est là qu’il a été arrêté, à Zurich, où il se rendait au festival du film de Zurich.
Aux Etats-Unis, on ne comprend pas cette polémique française car si en France il existe un délai de prescription, il n’en existe pas aux Etats-Unis. Le procureur américain assure qu’il n’y a aucune persécution mais juste une demande d’application de la loi américaine, ce que soutient le gouverneur Schwarzenegger qui estime, comme bon nombre de Français lambda, que « Roman Polanski doit être traité comme tout le monde ».
En France, du côté de ceux qui demandent l’extradition de Roman Polanski, on fait valoir plusieurs arguments :
- un acte sexuel sur une mineure de 13 ans est considéré par la justice française comme un viol, donc un crime… Dans cette affaire, les faits sont aggravés puisque l’adolescente a été droguée et alcoolisée.
- on fait valoir que les Etats-Unis sont un pays démocratique qui a une justice et que cette justice n’accepte pas la prescription des faits.
- La Suisse a un accord judiciaire avec les Etats-Unis et la France n’a pas à s’en mêler, même si le ressortissant est franco-polonais.
- Le pardon de la victime, en droit français, n’a aucune incidence sur un jugement car l’action publique est représentée par le Parquet qui représente l’Etat.
- Si Polanski a indemnisé la victime, il avait 32 ans pour s’expliquer devant la justice américaine. Or, il n’en a rien fait mais pouvait espérer de fait, une sanction plus clémente au lieu de fuir même s’il n’a commis aucune infraction depuis les faits qui lui sont reprochés. L’extradition pourra lui permettre de s’expliquer devant la justice américaine et de faire valoir ses arguments.
- Que la France n’a pas à juger le fonctionnement de la justice américaine en se basant sur le propre fonctionnement de sa justice.
Du côté de ceux qui refusent l’extradition, on fait valoir que :
- La victime ne veut pas de cette extradition et qu’elle a pardonné
- Que cette demande d’extradition, 32 ans, après les faits, est complètement une anomalie juridique qui ne peut être expliquée
- En France, 30 ans après les faits, il y a prescription
- Si Polanski a fui à l’époque, c’est qu’il a eu peur d’un piège et que l’accord conclu avec la justice américaine ne soit pas respecté
- Que 30 ans après les faits, c’est un délai complètement incongru…
Reste que la Suisse a un accord avec les Etats-Unis et que la Suisse a peut-être beaucoup de choses à se faire pardonner par les Etats-Unis à cause de nombreux comptes bancaires secrets justifiant une évasion fiscale…