Quand on la cherche, on la trouve, surtout quand on l’attaque sur le sujet brûlant du sort réservé aux jeunes femmes musulmanes en
France.
Sommée de s’expliquer face à son revirement dans l’affaire de l’annulation par le tribunal de
Lille du mariage entre deux musulmans,
Rachida Dati est sortie de ses gonds. Très critiquée, y compris dans son propre camp pour avoir tout d’abord soutenu la décision du juge, estimant qu’elle « protégeait » la jeune femme en question, puis pour avoir changé d’avis, tardivement selon certains, en faisant appel de ce jugement, la Garde des Sceaux s’en est pris aux élus socialistes avec passion voire une agressivité digne de
Nicolas Sarkozy.
« Dans cette affaire, mesdames et messieurs les membres du groupe socialiste, je n’ai pas entendu un mot de votre groupe pour la jeune fille qui attendait cette décision de justice. »
Dans un brouhaha invraisemblable, Rachida Dati s’est alors complètement lâchée et, abandonnant ses notes, s’est lancée dans une diatribe contre la politique socialiste en matière des banlieues.
« Mais qui, sinon vous, membres du groupe socialiste, a appliqué la politique des ‘grands frères’, abandonnant ainsi d’innombrables jeunes filles entre leurs mains ? C’est à l’échec de votre politique d’intégration que nous devons faire face ! Alors Monsieur Ayrault, vous pouvez m’attaquer car j’ai échappé à votre politique qui a suscité le repli identitaire. C’est ce qui vous dérange ! »
Ces dernières paroles ont achevé de mettre le feu à l’hémicycle.
Le sujet est particulièrement sensible pour Rachida Dati, issue elle-même d’une famille musulmane et ayant subi un mariage arrangé avec une connaissance de sa famille en 1992, heureusement pour elle vite annulé.
« Elle a parlé en tant que femme, mettant en avant le drame personnel des filles des banlieues. Elle a une vraie légitimité pour le faire » a expliqué la député-maire
UMP de
Reims Catherine Vautrin, ex-ministre de la cohésion sociale, soutenant par ces mots la sortie fort peu diplomatique de Rachida Dati. Autre soutien, celui de la secrétaire d’Etat à la Politique de la Ville
Fadela Amara, qui a approuvé cette condamnation de la politique des grands frères qui a « favorisé le communautarisme dans les quartiers ».
Mais toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire, surtout quand on est femme, ministre, qui plus est de droite !