« Les lettres sont parties cet après-midi à 15h de la rue de Solférino » a précisé Pierre Sabatier, le responsable de la fédération socialiste du Puy-de-Dôme.
Le sénateur socialiste du Puy de Dôme, parfois surnommé le
Coluche de la politique en raison de son humour féroce qu’il décline au gré de petites phrases devenues cultes (« Mamère Noël est une ordure » à l’occasion de la célébration par le maire de Bègles d’un mariage homosexuel) et de ses rondeurs de bon vivant, a en effet été exclu « définitivement » du
Parti Socialiste après 44 années de fidélité, suite à un imbroglio concernant la présidence du conseil général du Puy de Dôme. Michel Charasse, aux côtés de 19 autres élus socialistes du département, virés eux aussi, avait apporté son soutien à Jean-Yves Gouttebel, écarté par les militants socialistes au profit de Michèle André.
C’est sous la bannière socialiste que Michel Charasse a effectué toute sa carrière politique, maire de Puy-Guillaume depuis 1977, sénateur du Puy-de-Dôme entre 1978 et 1988 puis depuis 1992 ; conseiller général depuis 1988. Il a également été le ministre du Budget de
François Mitterrand de 1988 à 1992.
A l’heure où la bataille menace de faire rage, notamment entre
Ségolène Royal et
Bertrand Delanoë, au sein des cadres du PS pour la succession de
François Hollande au poste de secrétaire général, c’est donc une figure emblématique du socialisme, un des plus proches conseillers et confident de François Mitterrand, qui est éjecté du parti.
Une façon peut-être pour le PS d’enterrer, « définitivement » là aussi, une certaine façon de pratiquer la politique, avec créativité, loyauté et franc-parler ?

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