Alors que les producteurs de lait désespèrent de pouvoir vivre de leur travail avec des grèves et des épandages de lait organisés ici et là, leur sort va être débattu lors d’une réunion extraordinaire organisée par la présidence suédoise de l’
Union européenne. La fronde contre la commissaire européenne à l’agriculture, Mariann Fischer Boel, est menée par
Paris et 20 pays sur 27 sont prêts à demander une nouvelle politique européenne avec plus d’encadrement sur la production de lait.
En effet, les producteurs de lait se disent complètement désemparés et étranglés par la baisse des cours qui atteint 50 % dans certains pays. Ainsi, ils sont nombreux à dire qu’ils travaillent à perte à cause de la politique trop libérale de
Bruxelles qui entraîne une complète dérégulation dans l’agriculture européenne ce qui a provoqué une surproduction et par voie de conséquence, un effondrement des prix à la vente. À l’inverse, la
Commission européenne met en cause la baisse de la demande suite à la crise économique ce qui provoquerait la baisse des prix. À son actif, il faut préciser qu’en 2007-2008, les prix avaient fortement augmenté.
Quoi qu’il en soit, la
France, par la voix de Bruno Le Maire, ministre de l’agriculture, demande une nouvelle régulation du marché du lait, aux côtés de l’
Allemagne et de 18 autres pays dont les producteurs de lait se trouvent eux aussi dans une très mauvaise passe. Si Paris attend « un message politique clair », il est fort à craindre que rien ne se décide aujourd’hui face à la très libérale Madame Fischer Boel qui veut abandonner les quotas laitiers et refuse tout soutien artificiel du prix du lait par des subventions. Bruxelles pourrait cependant envisager des contrats entre producteurs laitiers et industriels lors de négociations nationales afin que les prix soient plus équitables.
Toujours est-il que des milliers d’agriculteurs devraient être présents face au bâtiment où va se tenir la réunion, selon EMB, la confédération européenne des producteurs laitiers qui avait organisé une grève des livraisons mi-septembre. Ils menacent de renouveler leurs actions au cas où aucune mesure n’était prise par les ministres européens…

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