Pour obéir à la tradition, le prix Renaudot a été attribué quelques minutes après
le prix Goncourt. Il revient cette année à l’écrivain guinéen Tierno Monénembo.
L’auteur est un fils de grande famille lyonnaise. Il fut inspiré par René Caillé et ses récits de voyage à Tombouctou. Dans son livre « Le Roi de Kahel », Tierno Monémembo retrace l’histoire d’Aimé Victor Olivier, vicomte de Sanderval, qui était amoureux fou de l’Afrique. Industriel, inventeur, il se rendit dans l’actuelle Guinée dans les années 1880 et fut le seul blanc à devenir « peul » du Fouta-Djalon. Il fonda Conakry où l’on peut encore visiter sa case « Sandervalia ». Pour développer l’Afrique, il mit sur pied un grand projet (commerces, chemin de fer, usines) qui ne fut pas du goût des politiciens français de l’époque. L’empire colonial aura finalement raison des rêves de Sanderval.
C’est pour évoquer ce destin fabuleux que Tierno Monénembo a pris la plume pour rappeler les valeurs de cet homme oublié qui rêvait d’un monde où Blancs et Noirs cohabiteraient, les Blancs apportant leurs technicités.
Cette biographie africaine romancée est admirablement bien contée par Tierno Monénembo, déjà auteur de plusieurs romans et de la saga « Peuls ».

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