Jean-Marie Delarue, contrôleur général des prisons, a visité en juin la maison d’arrêt de Villefranche-sur-Saône. Un rapport avait alors été remis à
Roselyne Bachelot et à
Rachida Dati. Le Journal officiel a publié ce rapport mardi dont on peut tirer quelques recommandations.
Cette publication intervient à la suite d’une grande vague de suicides en prison et alors que la loi pénitentiaire est en préparation.
Le premier point soulevé concerne le parcours individualisé, certains détenus paraissant réinsérables bénéficiant de conditions d’incarcération meilleures ce qui peut être mal vécu et considéré comme de la ségrégation par les autres détenus. Jean-Marie Delarue déclare : « Les détenus comprennent que certains sont dans un quartier d’excellence, d’autres dans le quartier des damnés » d’autant plus que la sélection serait parfois arbitraire.
Le second point fait état d’un mauvais fonctionnement du système des recours ou des réclamations. Si un détenu a à se plaindre, il doit écrire un mot qui est transmis par le surveillant d’étage « qui commence par l’ouvrir ». Trop de recours sont donc étouffés « par crainte ou par impossibilité. Cela conduit au repli sur soi ou à la violence ».
Autre dysfonctionnement : les directeurs des centres pénitentiaires sont trop accaparés par d’autres tâches et trop éloignés. Moins d’intendance et plus de proximité sont nécessaires afin que les directeurs s’occupent réellement des détenus et des surveillants.
Les promenades sont des lieux de violence et des « lieux absolus de non-droit ». Le rapport dénonce : « Toutes les combinaisons, tous les coups et tous les rackets sont possibles ». Certains détenus ne veulent plus aller en promenade d’autant plus que les surveillants ne désirent pas s’y aventurer, préférant la vidéosurveillance.
Les cellules sont exiguës et grillagées afin d’interdire la transmission d’objets d’une cellule à une autre. « Cela se traduit par une diminution drastique de la luminosité et de la visibilité (…) Le rythme biologique se brise et l’accès au ciel est interdit » ce qui provoque de la violence et de l’auto-agression.
Quant aux éducateurs, ils sont débordés par la paperasse et n’ont plus le temps de rencontrer les prisonniers, ce qui conduit à la frustration, au repli sur soi et au manque de suivi social des détenus.
Reste à savoir si ce rapport sera suivi d’effets ou s’il restera lettre morte. Depuis sa visite à Villefranche, le contrôleur général et son équipe ont visité quinze établissements. Des rapports devraient également être rendus publics.

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